Publié le 8 novembre 2025 à 22h35. L’investiture du nouveau président bolivien, Rodrigo Paz, à La Paz, a été marquée par une froideur notable entre le président chilien Gabriel Boric et son homologue argentin, Javier Milei, illustrant les profondes divergences idéologiques qui les opposent.
- Le président chilien Gabriel Boric a assisté à l’investiture de Rodrigo Paz en Bolivie, aux côtés de Javier Milei et d’autres dirigeants latino-américains.
- Une poignée de main distante entre Boric et Milei a symbolisé les tensions persistantes entre la gauche chilienne et l’extrême droite argentine.
- Rodrigo Paz a rendu hommage à l’Argentine, au Chili et à l’Équateur, pays où il a vécu en exil durant son enfance.
La cérémonie d’investiture de Rodrigo Paz, qui marque le début d’un nouveau cycle politique en Bolivie, a rassemblé plusieurs chefs d’État latino-américains. Outre Gabriel Boric et Javier Milei, les présidents uruguayen Yamandú Orsi, équatorien Daniel Noboa et paraguayen Santiago Peña ont assisté à l’événement. Si les salutations entre la plupart des dirigeants ont été chaleureuses, la rencontre entre Boric et Milei a été plus formelle : le président chilien est resté assis lorsqu’il a serré la main de son homologue argentin.
Après avoir prêté serment devant le pouvoir législatif bolivien, Rodrigo Paz a exprimé sa gratitude envers les cinq présidents latino-américains présents, évoquant des souvenirs personnels liés à l’exil. Il a déclaré :
« En Argentine, j’ai appris la solidarité quand j’étais enfant, quand nous étions en exil, et en mangeant ce qu’on appelle en Bolivie la « marmite commune ». Au Chili, je n’oublie pas le quartier de Macul, également dans cet exil. Et en Équateur, là-bas, j’ai appris à faire du vélo. »
Les relations entre Gabriel Boric et Javier Milei sont tendues depuis l’arrivée de ce dernier à la Casa Rosada en 2023. Lors de sa campagne électorale, Milei avait publiquement souhaité que le Chili se débarrasse de Boric, qu’il qualifiait d’élément “appauvrissant”. En décembre dernier, le ministre de l’Économie argentin, Luis Caputo, avait affirmé que “le Chili est gouverné par un communiste qui est sur le point de le couler”, suscitant une note de protestation du ministère chilien des Affaires étrangères. La droite chilienne traditionnelle avait défendu Boric, mais José Antonio Kast avait soutenu les propos de Caputo, affirmant que “Caputo n’a pas menti. Nous sommes gouvernés par un gouvernement de gauche”.
Cette froideur diplomatique intervient après d’autres épisodes de tension. En décembre 2024, Gabriel Boric avait réagi aux attaques de Milei en déclarant :
« Nous, les présidents, passons, mais les institutions et les gens restent. Je ne vais pas me référer au président argentin avec des adjectifs ou des insultes, comme il a l’habitude de le faire. »
La participation de Gabriel Boric à l’investiture de Rodrigo Paz, une première pour un président chilien depuis 19 ans, survient neuf jours après les élections présidentielles et législatives au Chili. Durant la campagne, José Antonio Kast, qui entretient une relation étroite avec Javier Milei, avait régulièrement cité l’Argentin en exemple, évoquant notamment le “miracle argentin” et mettant en garde contre les analyses pessimistes.

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