Home SantéBorréliose de Lyme : les tiques influencent le système immunitaire – science.ORF.at

Borréliose de Lyme : les tiques influencent le système immunitaire – science.ORF.at

by Sophie Martin

Publié le 2 décembre 2025 à 10h04. Des chercheurs viennois ont mis en lumière un mécanisme par lequel les tiques manipulent le système immunitaire humain pour faciliter la transmission de la maladie de Lyme, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de prévention.

  • La salive de la tique commune, Ixodes ricinus, modifie la réaction immunitaire des cellules de la peau.
  • Les cellules immunitaires de Langerhans, normalement chargées de déclencher une défense, sont désactivées et migrent vers d’autres tissus.
  • Cette reprogrammation immunitaire pourrait expliquer pourquoi la maladie de Lyme ne confère pas toujours une immunité durable.

Une équipe de recherche de la Clinique universitaire de dermatologie de MedUni Vienne et du CeMM a publié ses découvertes dans la revue spécialisée Nature Communications. Résultats de l’étude. Les chercheurs espèrent que ces résultats pourront servir de base au développement de nouveaux vaccins.

L’étude s’est concentrée sur les cellules de Langerhans, des cellules immunitaires spécialisées présentes dans l’épiderme. Ces cellules sont généralement les premières à détecter les agents pathogènes et à initier une réponse immunitaire. Cependant, l’équipe a constaté que la salive de la tique perturbe ce processus.

Des analyses d’échantillons de peau de patients et des modèles expérimentaux ont révélé que, suite à une piqûre de tique, les cellules de Langerhans disparaissent rapidement de l’épiderme et migrent vers les couches plus profondes de la peau et les vaisseaux lymphatiques. Ce déplacement est induit par des substances messagères dont les récepteurs sont activés par la salive de la tique.

Une réponse immunitaire reprogrammée

Le plus important est le changement de fonction des cellules de Langerhans. La salive de la tique les place dans un « état tolérogène », ce qui signifie qu’elles ne déclenchent pas une réaction immunitaire protectrice et pro-inflammatoire, mais plutôt une réponse immunitaire régulatrice et atténuante. Cela compromet la capacité de l’organisme à contrôler efficacement l’agent pathogène.

Parallèlement, les types de cellules normalement impliqués dans le contrôle précoce des infections bactériennes ne sont pas activés.

« Nos résultats suggèrent que la salive des tiques contribue de manière significative à la reprogrammation de la défense immunitaire locale, facilitant ainsi la colonisation de l’organisme par Borrelia »,

Johanna Strobl, première auteure de l’étude

« Cela pourrait également expliquer pourquoi une infection par Borrelia burgdorferi – contrairement à de nombreuses autres maladies bactériennes – ne laisse souvent pas d’immunité durable et que des infections répétées sont possibles »,

Lisa Kleißl, co-auteure de l’étude

Ces découvertes pourraient donc ouvrir de nouvelles perspectives pour la prévention et le traitement de la maladie de Lyme, une infection bactérienne transmise par les tiques, particulièrement répandue en Europe centrale.

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