Publié le 28 avril 2024 16:32:00. L’actrice et icône française Brigitte Bardot, figure emblématique du cinéma des années 1950 et 1960 avant de se consacrer à la défense des animaux, est décédée à l’âge de 91 ans, laissant derrière elle un héritage complexe et controversé.
- Brigitte Bardot s’est fait connaître grâce au film « Et Dieu créa la femme » en 1956, devenant rapidement un symbole de liberté et de séduction.
- Elle a abandonné sa carrière d’actrice au début des années 1970 pour se consacrer à la cause animale, mais ses prises de position politiques ont souvent suscité la polémique.
- Sa mort a suscité de nombreuses réactions en France, notamment de la part du président Emmanuel Macron et de personnalités politiques d’extrême droite.
Née à Paris en 1934 dans une famille catholique aisée, Brigitte Bardot a d’abord été formée à la danse classique au prestigieux Conservatoire de Paris. Parallèlement, elle s’est lancée dans une carrière de mannequin, apparaissant sur la couverture du magazine Elle dès l’âge de 15 ans. C’est par ce biais qu’elle a été repérée pour le cinéma, rencontrant son futur époux, Roger Vadim, lors d’une audition.
Son rôle dans « Et Dieu créa la femme » de Vadim, sorti en 1956, a propulsé Bardot au rang de star internationale. Le film, qui mettait en scène une jeune femme insouciante à Saint-Tropez, a rencontré un succès retentissant en France et à l’étranger, faisant d’elle l’incarnation de la « pin-up » française. Elle a ensuite enchaîné les succès au cinéma, tournant avec des réalisateurs de renom tels qu’Henri-Georges Clouzot (« La Vérité ») et Jean-Luc Godard (« Le Mépris »), tout en acceptant des propositions hollywoodiennes comme « Viva Maria ! » et « Shalako ».
Au-delà de son talent d’actrice, Bardot a inspiré les artistes et les intellectuels de son époque. John Lennon et Paul McCartney, par exemple, ont demandé à leurs compagnes de se teindre les cheveux blonds pour imiter sa coiffure. En 1969, elle a même été choisie comme modèle pour Marianne, symbole de la République française.
Cependant, la pression de la célébrité est devenue insupportable pour Bardot. Elle a pris sa retraite du cinéma en 1973, à l’âge de 39 ans, après avoir publié le roman historique « L’Histoire édifiante et joyeuse de Colinot ». Elle s’est alors consacrée à la défense des animaux, rejoignant des manifestations contre la chasse au phoque en 1977 et créant la Fondation Brigitte Bardot en 1986.
Son engagement pour la cause animale s’est traduit par des actions de protestation auprès de dirigeants du monde entier concernant des sujets tels que l’abattage de chiens en Roumanie, la chasse aux dauphins dans les îles Féroé ou encore l’abattage de chats en Australie. Elle n’a jamais hésité à exprimer ses opinions tranchées sur l’abattage rituel d’animaux.
Mais l’engagement politique de Bardot a été marqué par des controverses. Elle a exprimé son soutien au Front National (devenu depuis le Rassemblement national), déclarant au Guardian partager « complètement » les vues de Jean-Marie Le Pen sur l’immigration. En 2003, elle a été condamnée pour incitation à la haine raciale après avoir tenu des propos offensants envers les homosexuels, les enseignants et la communauté musulmane dans son livre « Un cri dans le silence ».
Brigitte Bardot s’est mariée à quatre reprises : avec Roger Vadim (1952-1957), Jacques Charrier (1959-1962) avec qui elle a eu un fils, Nicolas (1960), Gunter Sachs (1966-1969) et Bernard d’Ormale, ancien conseiller de Jean-Marie Le Pen, qu’elle a épousé en 1992. Elle a également eu de nombreuses relations amoureuses médiatisées, notamment avec Jean-Louis Trintignant et Serge Gainsbourg. Ce dernier avait écrit pour elle la chanson « Je t’aime… moi non plus », qu’elle a dû abandonner d’enregistrer en raison de la jalousie de son mari de l’époque, Gunter Sachs. La chanson a ensuite été interprétée avec succès par Jane Birkin.
Le président Emmanuel Macron a salué la mémoire de Brigitte Bardot, déclarant :
« Ses films, sa voix, sa renommée fulgurante, ses initiales, ses chagrins, sa passion généreuse pour les animaux, son visage devenu Marianne, Brigitte Bardot incarnait une vie de liberté. Une existence française, un rayonnement universel. Elle nous a émus. Nous pleurons une légende du siècle. »
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a également rendu hommage à Bardot, la qualifiant de « femme de cœur, de conviction et de caractère », et de « fervente patriote ». Marine Le Pen a quant à elle déclaré sur les réseaux sociaux que Bardot était « exceptionnelle par son talent, son courage, sa franchise et sa beauté », ajoutant qu’elle était « incroyablement française » et qu’elle manquera énormément.
Le décès de Brigitte Bardot a été annoncé dimanche par sa fondation dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse, sans préciser la date ni le lieu de son décès.
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