Burnley risque de devenir la troisième équipe en trois ans à subir une double relégation consécutive, de la Premier League vers la League One. Ce phénomène, autrefois rare dans le football anglais, s’accélère alors que les clubs peinent à s’adapter aux réalités financières de la deuxième division après leur descente.
Le spectre d’une relégation historique pour Burnley
Considéré comme l’archétype du club « yo-yo » après avoir connu des promotions ou des relégations lors de chacune des cinq dernières saisons, Burnley traverse une période critique. Le club a enregistré un record négatif dans le football anglais : celui de la plus longue série sans victoire à domicile, avec 378 jours sans succès à Turf Moor avant la réception de Portsmouth ce samedi.
Cette situation place les Clarets
dans une position précaire, alors qu’ils occupent actuellement une zone de relégation en Championship sous la direction de leur nouvel entraîneur, Fabio Celestini. Une descente en League One marquerait un double échec consécutif, un scénario qui est devenu statistiquement plus fréquent au cours de la dernière décennie.
L’accélération du phénomène du double drop
Pendant les 20 premières années de la Premier League, une relégation en cascade vers le troisième échelon était une exception. Elle ne s’est produite qu’une seule fois, avec Swindon Town en 1994-1995, dans un contexte particulier de rééquilibrage des divisions. Toutefois, la tendance a radicalement changé depuis la relégation de Wolverhampton en 2011-2012.
Quatre clubs ont subi ce double revers au cours des 14 dernières saisons :
- Wolverhampton
- Sunderland
- Luton Town
- Leicester City
L’ancien consultant de l’EFL, Jobi McAnuff, attribue ces effondrements successifs à une mauvaise gestion des effectifs plutôt qu’à une tendance structurelle unique. Néanmoins, les observateurs notent que chaque club a suivi un schéma similaire, marqué par une instabilité managériale ou des sanctions financières, comme le retrait de six points infligé à Leicester pour des violations des règles de profit et de durabilité.

Le poids des disparités financières et des paiements parachutes
La fragilité des clubs relégués est accentuée par les écarts de revenus.
David Kogan, président de l’IFR, a déclaré que le montant des paiements parachutes diminuerait et que le montant versé au Championship augmenterait considérablement. L’écart entre les clubs bénéficiaires de paiements parachutes et ceux qui n’en bénéficient pas se réduirait de manière significative, ce qui rendrait le Championship beaucoup plus compétitif.
En 2024-2025, les quatre clubs bénéficiaires ont dominé le haut du tableau, totalisant près de 27 points de plus que leurs concurrents. Pour Burnley, l’enjeu est désormais de savoir si l’avantage financier de ces paiements suffira à masquer les difficultés sportives avant que le fossé ne se creuse davantage.