Thélyson Orélien a été retiré de la liste des finalistes du prix Renaudot 2026, a annoncé le jury ce mercredi 28 octobre. L’écrivain, dont le roman C’était ça ou mourir était au cœur d’une controverse sur l’usage de l’intelligence artificielle, a vu son éditeur canadien rompre tout lien avec lui.
Le jury du prix Renaudot écarte Thélyson Orélien
Le verdict est tombé ce mercredi 28 octobre à l’hôtel de Massa, siège de la Société des gens de lettres, lors des dernières délibérations menées par les dix jurés de cette récompense littéraire fondée en 1926 par des journalistes attendant la proclamation du prix Goncourt.
Sous la présidence de Frédéric Beigbeder, cette instance littéraire réunit Mohammed Aïssaoui, Dominique Bona, Patrick Besson, Georges-Olivier Châteaureynaud en qualité de secrétaire général, Franz-Olivier Giesbert, Cécile Guilbert, Stéphanie Janicot, Jean-Marie Gustave Le Clézio ainsi que Jean-Noël Pancrazi.

Le secrétaire général du prix Renaudot, Georges-Olivier Châteaureynaud, a justifié ce revirement auprès de l’Agence France-Presse en soulignant l’évolution du dossier avec l’éditeur de l’auteur. Il ne nous était pas possible de conserver le livre d’Orélien à partir du moment où son éditeur canadien avait décidé de couper tout lien avec lui
, a-t-il déclaré, ajoutant que le doute est désormais exclu
.
La rupture avec les éditions Boréal
Le 21 octobre dernier, la maison d’édition canadienne Boréal a officiellement mis fin à sa collaboration avec Thélyson Orélien. Cette rupture fait suite à une analyse concluant que l’intelligence artificielle a bien été utilisée dans le processus d’écriture de son roman C’était ça ou mourir, qui narre la fuite d’Haïti en proie à la violence.
Le prix Renaudot 2026 a révélé ses finalistes, Thélyson Orélien écarté de la dernière sélectionhttps://t.co/oAYLAqhRgu
Avant cette exclusion du Renaudot, le roman avait déjà été retiré de la sélection du prix Goncourt et écarté de la deuxième liste du prix Femina. Malgré la controverse, d’autres auteurs ont vu leur situation évoluer lors de cette dernière étape de sélection : Patrice Jean a été « repêché » pour son roman Stay Free, alors qu’il avait été éliminé lors de la sélection précédente du 7 octobre.
Les finalistes retenus pour le 3 novembre
Les lauréats seront proclamés le 3 novembre prochain chez Drouant, à Paris, juste après l’annonce du prix Goncourt, perpétuant ainsi la tradition de fondation du prix par les journalistes en 1926. Le Renaudot du livre de poche sera également attribué à cette même date.

Voici les ouvrages encore en lice pour le prix Renaudot 2026 :
| Catégorie | Auteur | Titre |
|---|---|---|
| Roman | François-Henri Désérable | Le Palais (Gallimard) |
| Roman | David Djaïz | La Méthode (Stock) |
| Roman | Patrice Jean | Stay Free (Le Cherche Midi) |
| Roman | Osvalde Lewat | Un corps indocile (Philippe Rey) |
| Roman | Anne Percin | Eugénie sous les bombes (Buchet-Chastel) |
| Roman | Marie Petitcuénot | Heures sauvages (Éditions Héloïse d’Ormesson) |
Quatre ouvrages figurent par ailleurs sur la liste des finalistes pour les essais : La Vie brute de Joy Sorman (Flammarion), L’Odyssée de l’Odyssée de Christophe Ono-dit-Biot (Grasset), Dictionnaire amoureux du bonheur de Jean-Paul Enthoven (Plon), ainsi que La Guerre éternelle d’Olivier Rolin (Gallimard), qui concourt aussi dans la même catégorie pour le prix Médicis. Malgré des signalements concernant des ressemblances troublantes entre des passages du livre de Jean-Paul Enthoven et des écrits de Frédéric Schiffter dénonçant des piratages littéraires, la candidature de l’essai a été maintenue par le jury.