Washington – Le Pentagone a annoncé lundi l’ouverture d’une enquête sur le sénateur démocrate Mark Kelly, de l’Arizona, suite à sa participation à une vidéo encourageant les militaires américains à refuser d’exécuter des « ordres illégaux ». Cette décision intervient après des appels du président Donald Trump à l’arrestation de Kelly et de cinq autres sénateurs impliqués dans cette initiative.
L’enquête porte sur d’éventuelles violations du Code uniforme de justice militaire (UCMJ). Le département de la Défense estime que le sénateur Kelly, ancien capitaine de marine, a commis de « graves manquements ». Selon Pete Hegseth, responsable de la Défense, « cinq des six individus dans cette vidéo ne relèvent pas de la juridiction du Département de la Guerre (l’un est de la CIA et quatre sont d’anciens militaires mais non « à la retraite », ils ne sont donc plus soumis à l’UCMJ) ». Il a précisé que Mark Kelly, en tant qu’officier supérieur de la marine à la retraite, reste quant à lui soumis à l’UCMJ.
La vidéo, diffusée la semaine dernière sur les réseaux sociaux, affirmait que « les menaces contre notre Constitution ne viennent pas seulement de l’étranger, mais d’ici, chez nous ». Elle appelait les militaires à « refuser les ordres illégaux », soulignant qu’« personne n’est tenu d’exécuter des ordres qui violent la loi ou notre Constitution ». Le Pentagone considère que cette vidéo porte atteinte à « la loyauté, le moral, le bon ordre et la discipline des forces armées ».
La Maison Blanche a exprimé son « soutien » à l’enquête. Karoline Leavitt, secrétaire de presse de la Maison Blanche, a déclaré : « Le sénateur Mark Kelly connaît bien les règles militaires et le respect qu’il faut avoir pour la chaîne de commandement. Vous ne pouvez pas avoir une armée qui fonctionne s’il y a du désordre et du chaos dans les rangs, et c’est ce que ces démocrates encourageaient. »
Le sénateur Kelly a réagi en qualifiant l’annonce du Pentagone d’acte de « tyrannie » et en affirmant avoir toujours respecté son serment envers la Constitution, tant durant sa carrière militaire que depuis sa retraite. « Si cela a pour but de nous intimider, moi et d’autres membres du Congrès, pour les empêcher de faire notre travail et de demander des comptes à cette administration, cela ne fonctionnera pas », a-t-il déclaré dans un communiqué. « J’ai trop donné à ce pays pour être réduit au silence par des tyrans qui se soucient plus de leur propre pouvoir que de protéger la Constitution. »
Cette enquête sur un sénateur en exercice est inhabituelle et s’inscrit dans une série d’actions de l’administration Trump visant ses opposants politiques. Des poursuites judiciaires contre d’autres personnalités, comme l’ancien directeur du FBI James Comey et la procureure générale de l’État de New York Letitia James, ont été rejetées lundi par un juge fédéral.
Par ailleurs, Donald Trump avait qualifié le comportement des sénateurs de « séditieux » et « passible de mort », appelant à leur arrestation. « C’est vraiment grave et dangereux pour notre pays », avait-il déclaré jeudi. « Leurs paroles ne peuvent pas être maintenues. COMPORTEMENT SÉDITIEUX DES TRAÎTRES !!! ENFERMEZ-LES ??? »