Le premier ministre canadien Mark Carney accueille le président du Conseil européen António Costa et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à Montréal pour un sommet de deux jours visant à concrétiser un partenariat stratégique et économique renforcé face aux tensions géopolitiques mondiales.
Environ 178 milliards de dollars ont animé les échanges globaux en 2025. Le Canada et l’Union européenne se réunissent à Montréal pour les travaux des 29 et 30 octobre 2026. Ce sommet fait suite aux avancées entamées lors de la rencontre du 23 juin 2025 à Bruxelles, où les deux partenaires avaient initié un partenariat stratégique pour l’avenir ainsi qu’une entente sur la sécurité et la défense. Ottawa précise que la relation officielle entre le Canada et l’UE remonte à 1959.
L’Union européenne demeure le deuxième partenaire commercial du pays pour les biens et services. Les investissements directs européens au Canada atteignaient quant à eux 219 milliards de dollars cette même année, tandis que les investissements canadiens dans l’UE s’établissaient à 315 milliards de dollars.

Le projet de statut de membre associé divise les capitales européennes
La proposition formulée en septembre par Ursula von der Leyen d’octroyer au Canada le statut inédit de membre associé suscite des débats. Si l’objectif affiché est de reconnaître la place singulière du pays sans envisager d’adhésion formelle, plusieurs États membres, dont l’Allemagne, la France et l’Italie, jugent la démarche prématurée et réclament des précisions sur le plan juridique et politique. Par ailleurs, l’accord commercial conclu en 2016 qui supprime les droits de douane sur 98 % des produits n’a toujours pas reçu de ratification de la part de neuf pays de l’Union sur 27, la France figurant parmi ces États.
Des responsables européens indiquent que la définition exacte de ce cadre institutionnel pourrait être reportée à l’an prochain. En attendant, les discussions s’articulent autour d’une approche pragmatique axée sur des accords sectoriels couvrant la défense, le numérique et la recherche.
Le Canada intègre l’initiative européenne de défense
Le Canada est devenu en février 2026 le premier pays non européen à participer à l’initiative SAFE, ouvrant des perspectives industrielles pour son secteur de la défense. Dans le domaine technologique et spatial, les discussions portent sur l’adhésion du Canada au système de navigation par satellite Galileo et sur son association aux programmes d’infonuagique et d’intelligence artificielle de la Commission européenne.
L’accord prévoit par ailleurs de faciliter les investissements de la Banque européenne d’investissement dans les minéraux critiques canadiens et d’officialiser l’achat conjoint de 50 avions-citernes de fabrication canadienne pour lutter contre les feux de forêt d’ici 2030, un projet qui a toutefois essuyé des critiques de la part de certains membres jugeant qu’il conviendrait de privilégier du matériel européen.
Le monde est plus dangereux et divisé. En réponse, le Canada et l’Union européenne s’appuient sur leurs forces respectives, de manière délibérée, systématique et rapide, pour former une nouvelle alliance ambitieuse.
Mark Carney, premier ministre canadien
Perspectives et coopération en matière d'aide internationale
Le secrétaire d’État au Développement international, Randeep Sarai, indique que ce rapprochement cherche à pallier la baisse des contributions américaines constatée depuis le démantèlement de l’agence dédiée à Washington en 2025.

Au-delà des enjeux économiques et industriels, le gouvernement fédéral discute avec l’Union européenne de la mobilisation de fonds privés et philanthropiques pour l’aide internationale.
Le comité des finances de la Chambre des communes exhorte Ottawa à garantir un financement transparent dans le budget prévu pour le 5 novembre.