Home Affairesce que la Loi de finances change (ou pas) pour le panier de la ménagère

ce que la Loi de finances change (ou pas) pour le panier de la ménagère

by Amélie Bernard

Publié le 15 janvier 2026 à 11h29. Malgré un ralentissement de l’inflation, le pouvoir d’achat des ménages reste sous tension, notamment en raison de la persistance de coûts élevés pour l’énergie, l’alimentation et les transports. La Loi de finances 2026 maintient certaines subventions pour limiter l’impact de ces hausses, mais sans pour autant résoudre les problèmes structurels qui pèsent sur le quotidien des Français.

  • L’inflation a progressé de 0,3 % en octobre 2025, tirée par les prix des produits alimentaires.
  • Le gouvernement conserve des subventions sur les carburants et l’électricité pour éviter une flambée des prix.
  • Les coûts « invisibles » liés aux infrastructures et aux solutions alternatives (coupures, pénuries) alourdissent le budget des ménages.

La Loi de finances 2026, examinée dans un contexte économique marqué par l’inflation importée et la volatilité des marchés, confirme le maintien de certaines aides directes aux consommateurs. L’exécutif justifie ce choix par la nécessité d’éviter une augmentation brutale des prix à la pompe et des factures d’énergie, qui risquerait d’affecter l’ensemble de l’économie, des transports à l’alimentation en passant par les services.

Si cette mesure permet d’amortir le choc immédiat pour les ménages, elle représente également un fardeau pour les finances publiques. L’État continue de supporter une part significative du coût réel de l’énergie, limitant ainsi sa marge de manœuvre pour financer d’autres politiques sociales.

Concernant l’alimentation, la loi de finances ne prévoit pas de changements majeurs. Des exonérations et des allègements fiscaux sur les intrants agricoles sont reconduits afin de soutenir la production locale et de réduire la dépendance aux importations. L’objectif affiché est d’augmenter l’offre pour stabiliser les prix. Cependant, les consommateurs continuent de constater des hausses sur les marchés, imputables aux coûts de transport, aux aléas climatiques et aux difficultés de stockage.

Le budget national peut soutenir l’offre, mais il ne suffit pas à corriger les dysfonctionnements profonds des circuits de distribution. Dans les grandes villes comme dans les zones périurbaines, l’eau, l’électricité et le transport représentent une part de plus en plus importante des dépenses des ménages. Même si les tarifs officiels restent globalement stables, les pénuries, les coupures d’électricité et le recours à des solutions alternatives – groupes électrogènes, achat d’eau, transport informel – augmentent considérablement la facture réelle.

Des investissements dans les infrastructures sont prévus, mais leurs effets ne se feront sentir qu’à moyen terme. À court terme, les ménages doivent continuer à faire face à ces coûts « invisibles » qui grèvent leur pouvoir d’achat.

Selon l’Institut national de la statistique (INS), les prix à la consommation ont augmenté de 0,3 % en octobre 2025 par rapport à septembre, selon une note publiée le 9 janvier 2026. Cette hausse est principalement due à une augmentation de 0,6 % des prix des produits alimentaires, notamment les légumes, les huiles et graisses, ainsi que les viandes. Plus précisément, les légumes frais (oignons, tomates, carottes, poivrons), l’huile de palme brute et les noix de palme, ainsi que les volailles comme le poulet de chair vivant et le poulet local sur pieds, ont vu leurs prix augmenter.

La progression concerne également les poissons et fruits de mer, qu’ils soient fumés, séchés ou frais (bar, silure, carpe, dorade, capitaine). Sur un an, l’inflation s’établit à 2,8 % en octobre 2025, un niveau stable par rapport à septembre, mais nettement inférieur aux 4,5 % enregistrés l’année précédente. Sur douze mois, l’inflation moyenne recule à 3,7 %, soit une baisse d’un point par rapport à octobre 2024, même si elle reste légèrement supérieure au seuil communautaire de 3 % fixé par la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC).

Dans ce contexte, les produits alimentaires (+7,0 %) et les services de transport (+4,2 %) demeurent les principaux facteurs de l’augmentation des prix, pesant lourdement sur le budget des ménages. En définitive, la Loi de finances 2026 agit davantage comme un amortisseur que comme un véritable levier de transformation : elle prévient une détérioration brutale du pouvoir d’achat, sans pour autant entraîner une amélioration significative du niveau de vie. Pour de nombreux Français, le sentiment dominant reste celui d’une stagnation, les revenus progressant moins vite que les dépenses et chaque hausse, même modeste, étant immédiatement ressentie.

Au-delà des chiffres, le pouvoir d’achat reste un enjeu social et politique majeur, conditionnant l’accès à l’alimentation, à la santé, à l’éducation et à une vie digne. Sans une relance plus forte de la production locale, une amélioration durable des infrastructures et la création massive d’emplois, le panier de la ménagère restera sous pression.

Patricia Ngo Ngouem

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