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« Ce qui est bien, c’est qu’on ne chante jamais deux fois une chanson de la même manière » – DiePresse.com

Publié le 12 janvier 2024 19:20:00. Le groupe autrichien Bad Ida, originaire du Waldviertel, dévoile son deuxième album, « Ending Things », explorant des thèmes personnels et sociaux avec un son blues-soul teinté de rock. L’artiste Inès Dallaji…

« Ce qui est bien, c’est qu’on ne chante jamais deux fois une chanson de la même manière » – DiePresse.com

Publié le 12 janvier 2024 19:20:00. Le groupe autrichien Bad Ida, originaire du Waldviertel, dévoile son deuxième album, « Ending Things », explorant des thèmes personnels et sociaux avec un son blues-soul teinté de rock. L’artiste Inès Dallaji livre un regard sans concession sur les défis de la scène musicale et la nécessité de savoir tourner la page.

  • Bad Ida vient de sortir son deuxième album, « Ending Things », qui s’éloigne des chansons purement autobiographiques.
  • Le groupe déplore le manque de soutien aux artistes émergents et les pratiques courantes de « pay for play » sur la scène viennoise.
  • Inès Dallaji, chanteuse du groupe, concilie sa carrière musicale avec un travail au Wiener Volksliedwerk et au sein de plusieurs festivals.

Le son brut et puissant de Bad Ida ne s’est pas adouci malgré un environnement parfois hostile. Inès Dallaji, la voix du groupe, a grandi dans le Waldviertel, une région rurale d’Autriche où le climat peut être rude. La plupart des membres du groupe partagent les mêmes racines. « Seule la choriste vient de la région de Melk », confie-t-elle avec un sourire.

Pourtant, l’enregistrement de leur deuxième album ne les a pas obligés à quitter Vienne, où tous les membres du groupe résident désormais. Un véritable épanouissement pour des artistes qui ont choisi de s’éloigner de leur terre natale. « Culturellement, le Waldviertel est en grande partie moribond. Le Waidhofen Folk Club est la seule institution qui subsiste », regrette Inès Dallaji, qui a découvert sa passion pour le blues et la soul grâce aux groupes locaux de la région. « Il y avait beaucoup de formations blues et de blues rock dans le Waldviertel. C’est ainsi que j’ai pu me familiariser avec ces sonorités. Les musiciens locaux m’ont laissé participer. Mais aujourd’hui, la situation est plutôt triste. »

Zoom

Dans le cadre de la série « In the Spotlight », nous présentons du lundi au samedi des personnalités et des projets passionnants en Autriche, qu’il s’agisse de musiciens, de propriétaires de bars, d’organisateurs de festivals ou de créateurs de mode.

« Ending Things » est un album intimiste, oscillant entre blues, soul et rock, qui aborde des thèmes universels, au-delà des expériences personnelles. Contrairement à son premier album, « Hope Less », où elle avait ouvertement évoqué la rupture de son mariage, Inès Dallaji souhaite désormais explorer d’autres perspectives. Un seul titre, « Remember My Love to You », reste ancré dans sa biographie. Le clip vidéo, qui met en scène un protagoniste sortant une poupée masculine d’un sous-sol et l’emmenant au Prater et au Kaiserwasser avant de la jeter dans une benne du MA 48 (service municipal de gestion des déchets), offre une métaphore visuelle frappante.

L’album suggère une volonté de tourner la page, mais le chemin est semé d’embûches. « Oui, c’est malheureusement vrai. Surtout quand la relation était toxique », admet-elle. Pour autant, il est essentiel pour elle de savoir mettre fin à ce qui ne fonctionne pas.

« J’ai découvert dans ma vie qu’il est préférable de ne pas s’accrocher à des choses qui ne marchent pas. Que ce soit lié au travail, à la formation ou aux relations interpersonnelles. C’est une de mes expériences centrales. »

Inès Dallaji, chanteuse de Bad Ida

Elle aspire à appliquer cette philosophie à l’industrie musicale elle-même.

Inès Dallaji critique le manque de programmes pertinents à la radio et à la télévision pour promouvoir des musiques alternatives. Elle constate que l’ère des réseaux sociaux ne comble pas ce vide. Le genre musical de Bad Ida, une garage soul enrichie d’éléments rock, peine à trouver sa place dans cet environnement.

« Je pense que je ne suis pas dans le bon genre pour pouvoir réellement utiliser les réseaux sociaux. Il n’y a rien à faire avec la musique brute que nous proposons. Je pourrais bien sûr acheter de la portée, mais cela ne me servirait à rien pour les concerts live. Ce ne serait pas durable. La situation est que le public doit nous trouver. »

Inès Dallaji, chanteuse de Bad Ida

La situation des petits groupes à Vienne n’est pas plus enviable. Si les opportunités de se produire existent, elles sont souvent soumises à des conditions financières précaires. « Vous pouvez toujours organiser quelque chose à vos frais. De nombreuses salles nous sont ouvertes, mais c’est généralement du ‘pay for play’ : pas de forfait, le technicien paie de sa poche et organise lui-même la vente des billets. Cela prend beaucoup de temps. » Les premières parties d’artistes établis sont également problématiques. « C’est dommage que les grands groupes ne veuillent généralement même pas payer quelques centaines d’euros pour leur première partie. » Malgré ces difficultés, Bad Ida continue de se produire, consciente de la nécessité de préserver son rêve.

Pour concilier passion et réalité, Inès Dallaji exerce également un métier stable. Elle travaille au Wiener Volksliedwerk, où elle gère notamment la production du festival Wean hean, et s’occupe également des artistes du Inntoe Jazz Festival. Elle est également impliquée dans les coulisses du Festival international de musique de Waidhofen. Mais c’est sur scène qu’elle se sent pleinement épanouie. « Ce qui est beau, c’est qu’on ne chante jamais deux fois une chanson de la même manière. C’est toujours une forme de renouveau. La partager est la chose la plus importante pour moi. »

En bref

Bad Ida est un groupe de blues-soul originaire du Waldviertel. Leur premier album, « Hope Less » (Konkord), est sorti en 2023, et leur album actuel, « Ending Things » (Konkord), vient de paraître. Le groupe sera en concert le 8 mars (23h00) au Vinyl Music Festival à la brasserie Ottakringer.

Plus d’informations sur : www.badidamusic.com

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.