Home SantéCe qu’il faut savoir sur l’exercice comme médicament contre l’hypertension artérielle

Ce qu’il faut savoir sur l’exercice comme médicament contre l’hypertension artérielle

by Sophie Martin

Publié le 18 décembre 2025 12:23:00. L’activité physique, sous toutes ses formes, s’impose de plus en plus comme un traitement de première intention contre l’hypertension artérielle, selon les dernières recherches menées par Linda Pescatello, professeure émérite à l’Université du Connecticut. Ces travaux, publiés dans le Journal of the American College of Cardiology, confirment l’efficacité de l’exercice pour abaisser la tension artérielle et améliorer la santé cardiovasculaire.

  • L’activité physique régulière peut réduire la tension artérielle jusqu’à 24 heures après l’effort.
  • Des exercices variés, du Tai Chi au yoga en passant par la marche rapide, se révèlent efficaces.
  • Les nouvelles recommandations médicales mettent l’accent sur l’exercice structuré comme traitement essentiel de l’hypertension.

L’hypertension artérielle, principal facteur de risque modifiable des maladies cardiovasculaires (MCV), touche un nombre croissant de personnes. Face à cette problématique de santé publique, les chercheurs s’intéressent de près aux bénéfices de l’activité physique. Linda Pescatello, spécialiste de l’exercice en tant que médecine au Département de kinésiologie de l’Université du Connecticut (CAHNR), a consacré sa carrière à l’étude de cette relation.

Ses récentes publications, dont un article paru dans le Journal of the American College of Cardiology, s’inscrivent dans le cadre de la publication des nouvelles directives 2025 sur l’hypertension artérielle de l’American College of Cardiology/American Heart Association Multisociety. Ces directives soulignent l’importance d’intégrer l’exercice physique dans la prise en charge des patients.

« L’activité physique a des effets bénéfiques sur de nombreuses comorbidités liées à l’hypertension artérielle et sur d’autres facteurs de risque de maladies cardiovasculaires », explique la professeure Pescatello. Elle compare l’exercice à une « pilule polyvalente », capable de contrôler la tension artérielle tout en agissant positivement sur l’obésité, le diabète et les anomalies lipidiques – des facteurs souvent associés à l’hypertension.

Les recherches de son laboratoire ont démontré que plus de 70 % des adultes hypertendus sont en surpoids ou obèses. Chaque kilogramme (2,2 livres) perdu grâce à un programme d’activité physique et de perte de poids permet de réduire la tension artérielle d’un millimètre de mercure. De plus, l’effet de l’exercice est immédiat : la tension artérielle diminue dès les 24 heures suivant l’effort et reste plus basse les jours d’activité physique.

« Si on montre à quelqu’un que sa tension artérielle est plus basse après une promenade, cela peut être une stratégie comportementale efficace pour l’encourager à faire de l’exercice régulièrement », souligne la chercheuse. Elle précise que des exercices neuromoteurs comme le Tai Chi et le yoga, ainsi que des activités d’intensité légère, comme la marche, peuvent également contribuer à abaisser la tension artérielle.

Quel que soit le type d’exercice choisi, l’important est de trouver une activité que l’on apprécie. « Participez au type d’exercice que vous aimez, car tous les types semblent fonctionner à un certain niveau », conseille la professeure Pescatello. Elle met également en avant l’intérêt des exercices « multi-composants », tels que le Tai Chi et le yoga, qui combinent équilibre, flexibilité, exercices d’aérobie et de résistance, permettant ainsi de maximiser les bénéfices en un temps limité.

Les professionnels de la santé sont désormais encouragés à recommander l’activité physique avant de prescrire des médicaments, en particulier pour les patients présentant un faible risque. Les nouvelles directives médicales insistent sur l’importance des exercices structurés d’aérobie et de résistance comme traitement de première intention contre l’hypertension. L’exercice, soulignent les experts, doit être considéré comme un élément essentiel de la prise en charge des patients, aux côtés des médecins, des pharmaciens et des infirmières.

Il est recommandé de bouger quotidiennement, à une intensité modérée, en tenant compte de son niveau d’activité physique. Une augmentation progressive de l’intensité est préférable, en particulier pour les personnes sédentaires, afin d’éviter tout risque accru.

Ce travail s’inscrit dans le cadre de la vision stratégique du CAHNR axée sur l’amélioration de la santé et du bien-être aux niveaux local, national et mondial.

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