Home Divertissement« Ce qu’il y a de mieux en Irlande, c’est l’équité. Le pire? Mettre des sacs de crottes de chien dans un buisson » – The Irish Times

« Ce qu’il y a de mieux en Irlande, c’est l’équité. Le pire? Mettre des sacs de crottes de chien dans un buisson » – The Irish Times

by Antoine Girard

Publié le 28 novembre 2025 09h00. L’acteur et dramaturge irlandais Emmet Kirwan revient sur son enfance à Tallaght, ses débuts précoces dans le monde du spectacle et son engagement envers les questions sociales, notamment la crise du logement en Irlande.

  • Emmet Kirwan évoque l’importance du théâtre et des arts dramatiques dans son développement personnel et professionnel.
  • Il souligne la précarité de la situation des artistes en Irlande, en particulier avec la fin du revenu de base pour les artistes.
  • Il s’engage publiquement pour la lutte contre le sans-abrisme, notamment auprès de l’association Focus Ireland.

Emmet Kirwan a grandi à Raheen, dans la banlieue de Tallaght, dans un environnement familial où le théâtre occupait une place importante. Ses parents, amateurs éclairés, l’emmenaient régulièrement assister à des spectacles, comme les Blood Brothers à l’Olympia, des expériences qui ont marqué son imaginaire dès son plus jeune âge. Il a ensuite intégré le Dublin Youth Theatre, une structure qui lui a permis de rencontrer des collaborateurs futurs, tels que Philip McMahon, et de s’ouvrir à la diversité de la scène artistique dublinoise des années 1990.

L’acteur se souvient avec un sourire d’une première expérience professionnelle décevante : une série télévisée pour enfants, The Big Bow Wow, qui avait suscité de grands espoirs auprès de RTÉ, la télévision publique irlandaise. Malgré un investissement financier considérable, la série est passée inaperçue et a été rapidement abandonnée. Cette expérience lui a appris, très tôt, que le succès n’est pas toujours garanti, même lorsque l’on déploie beaucoup d’efforts et de ressources.

C’est en tant qu’auteur dramatique qu’Emmet Kirwan a trouvé sa voie et une véritable satisfaction artistique. Il a notamment coécrit et joué dans la série télévisée Sarah et Steve, un projet dont il est particulièrement fier, car il a été entièrement conçu, écrit et interprété par lui-même et ses collaborateurs. Il explique : « Être capable de créer sa propre œuvre, de produire ses propres spectacles, d’y participer parfois… c’est ce qui m’a apporté le plus de concentration et de satisfaction. »

L’artiste s’inquiète aujourd’hui de l’avenir du soutien financier aux artistes en Irlande, avec la fin imminente du revenu de base pour les artistes. Il craint que ce dispositif ne soit pas remplacé par une mesure équivalente, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour de nombreux créateurs, en particulier les femmes artistes qui souhaitent concilier leur carrière et la vie de famille. Il souligne que l’Irlande connaît actuellement une véritable effervescence artistique, reconnue tant au niveau national qu’international, et qu’il est essentiel de préserver ce dynamisme.

Dans son travail, Emmet Kirwan explore souvent les thèmes de l’identité irlandaise, de la culture, des classes sociales et des liens communautaires. Il estime qu’il existe un manque de représentations réalistes de la vie ouvrière dans les médias et les arts, et s’efforce de combler cette lacune. Il explique : « On nous dit souvent : ‘Écrivez ce que vous connaissez’. J’ai toujours senti qu’il y avait un manque de réalité dans l’expression de la vie ouvrière dans les représentations dominantes. »

Actuellement, Emmet Kirwan est à l’affiche de Un chant de Noël au Théâtre de la Porte. Il précise que la particularité de cette adaptation, signée Neil Bartlett et mise en scène par Claire O’Reilly, réside dans le fait que chaque acteur conserve son accent, créant ainsi une atmosphère à la fois londonienne et dublinoise.

En tant qu’ambassadeur de Focus Ireland dans le cadre de la campagne No Child Without a Home, Emmet Kirwan attire l’attention sur la situation alarmante des enfants sans-abri en Irlande. Il révèle que plus de 5 000 enfants risquent de passer Noël sans domicile fixe, dont beaucoup vivent dans des hébergements d’urgence depuis la pandémie de Covid-19. Il souligne que tous les locataires bénéficiant d’aides sociales sont aujourd’hui menacés de perdre leur logement, même ceux qui disposent d’un revenu décent. Il conclut : « La grande tragédie de ce Noël, c’est qu’il y a tant d’enfants sans abri et si ce n’est pas adressé l’année prochaine il y en aura plus. »

Enfin, Emmet Kirwan ne manque pas de souligner les petits travers de la vie quotidienne qui l’irritent, comme les crottes de chien abandonnées dans la nature ou les spectateurs qui parlent au cinéma.

Propos recueillis par Niamh Donnelly. Cet entretien, qui s’inscrit dans une série consacrée à la relation des personnalités connues avec l’Irlande, a été édité pour plus de clarté et de concision. Pour en savoir plus sur la campagne No Child Without A Home de Focus Ireland, consultez le site focusireland.ie. Un chant de Noël est à l’affiche du Gate Theatre du 21 novembre au 18 janvier. gatetheatre.ie

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