Publié le 29 novembre 2023 14:57:00. Une étude de l’Université de Suisse italienne révèle que les tatouages pourraient affaiblir le système immunitaire, rendant l’organisme plus vulnérable aux infections et à certains cancers. Les pigments d’encre, loin de rester superficiels, migrent vers les ganglions lymphatiques et y provoquent une inflammation chronique.
- Les tatouages peuvent induire une réaction inflammatoire durable au sein des ganglions lymphatiques.
- Les macrophages, cellules immunitaires chargées de dégrader les corps étrangers, sont incapables d’éliminer les pigments des tatouages, entraînant leur mort progressive.
- L’étude, menée sur sept ans avec la participation de 12 groupes internationaux, a montré une diminution de la production d’anticorps chez des souris tatouées.
Des recherches récentes mettent en lumière un potentiel impact négatif des tatouages sur la santé immunitaire. Une équipe de l’Université de Suisse italienne a démontré que l’encre des tatouages ne se limite pas à la peau, mais se propage rapidement au système lymphatique, concentrant les pigments dans les ganglions lymphatiques, des organes clés de la défense immunitaire.
Selon l’étude, publiée dans Actes de l’Académie nationale des sciences, les cellules immunitaires, appelées macrophages, tentent de capturer les pigments, déclenchant une réponse inflammatoire en deux phases. La première phase, aiguë, dure environ deux jours. C’est ensuite qu’intervient une phase chronique, potentiellement préoccupante, qui peut persister pendant des années.
« À l’intérieur des ganglions lymphatiques, des cellules immunitaires appelées macrophages capturent activement tous les pigments, déclenchant une réponse inflammatoire en deux phases. »
Université de Suisse italienne
Les chercheurs ont constaté que les macrophages ne parviennent pas à dégrader les pigments des tatouages, contrairement à d’autres substances étrangères. Cette incapacité conduit à la mort des macrophages, affaiblissant progressivement les fonctions défensives de l’organisme. Les encres rouges et noires semblent particulièrement problématiques, bien que l’étude se soit également concentrée sur le vert, ces trois couleurs étant les plus fréquemment utilisées dans les tatouages.
L’étude, fruit de sept années de recherche et financée par diverses entités suisses, a impliqué la collaboration de 12 groupes de recherche internationaux. Une expérience clé a consisté à vacciner des souris, certaines tatouées et d’autres non, révélant que les animaux tatoués produisaient une quantité d’anticorps significativement inférieure à celle des animaux non tatoués.
Face à ces résultats, l’université souligne la nécessité d’une vigilance accrue concernant la sécurité des tatouages, alors que l’on estime qu’environ une personne sur cinq dans le monde possède au moins un tatouage. Ces découvertes soulèvent des questions importantes sur les effets à long terme de l’encre sur le système immunitaire et la santé globale.
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