Publié le 26 octobre 2025 11h37. Des médicaments existants pour le diabète et un spray nasal d’insuline pourraient freiner le déclin cognitif léger, souvent précurseur de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, selon une étude américaine.
- Un médicament contre le diabète, l’empagliflozine, réduit les marqueurs de lésions cérébrales et améliore le flux sanguin vers le cerveau.
- L’administration d’insuline par voie nasale semble améliorer la cognition, la santé neurovasculaire et la fonction immunitaire.
- Bien que préliminaires, ces découvertes ouvrent de nouvelles pistes thérapeutiques pour lutter contre la maladie d’Alzheimer en ciblant le métabolisme cérébral.
Des chercheurs de la faculté de médecine de l’université de Wake Forest aux États-Unis ont mené une étude clinique impliquant 47 participants âgés de 55 à 85 ans présentant un déclin cognitif léger, une démence légère, ou des signes précoces de changements moléculaires associés à la maladie d’Alzheimer. Les participants ont reçu de l’empagliflozine, du spray nasal d’insuline, une combinaison des deux, ou un placebo pendant quatre semaines. L’objectif principal de l’étude était d’évaluer la sécurité des traitements.
L’empagliflozine, initialement conçue pour améliorer la gestion du glucose et du sodium chez les patients diabétiques, a démontré des effets bénéfiques inattendus sur le cerveau. Selon la neuroscientifique Suzanne Craft,
« Pour la première fois, nous avons découvert que l’empagliflozine, un médicament reconnu contre le diabète et les maladies cardiaques, réduisait les marqueurs de lésions cérébrales tout en rétablissant le flux sanguin vers les régions critiques du cerveau. »
Suzanne Craft, neuroscientifique, faculté de médecine de l’université de Wake Forest
L’étude a révélé une diminution des niveaux de protéine tau dans le liquide céphalo-rachidien, une protéine impliquée dans la formation de plaques amyloïdes caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Des améliorations du flux sanguin et des taux de cholestérol ont également été observées.
L’insuline administrée par voie nasale vise à contrer la résistance à l’insuline, un facteur de risque connu pour la maladie d’Alzheimer. Des recherches antérieures suggèrent que l’insuline peut améliorer les fonctions immunitaires, la structure de la substance blanche et la circulation sanguine dans le cerveau. Les participants ayant reçu le spray nasal d’insuline ont montré des résultats légèrement supérieurs aux tests cognitifs évaluant la mémoire et la capacité de réflexion. Des analyses d’imagerie cérébrale ont également mis en évidence des améliorations de la connectivité de la substance blanche et du flux sanguin.
Bien que l’étude soit de petite taille et ne permette pas de tirer des conclusions définitives, elle suggère que cibler le métabolisme cérébral pourrait être une approche prometteuse pour modifier le cours de la maladie d’Alzheimer.
« Notre étude suggère que le fait de cibler le métabolisme pourrait modifier l’évolution de la maladie d’Alzheimer. Ensemble, ces résultats mettent en évidence le métabolisme comme une nouvelle frontière puissante dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. »
Suzanne Craft, neuroscientifique, faculté de médecine de l’université de Wake Forest
Les chercheurs prévoient de mener des études plus vastes et de plus longue durée sur des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à un stade précoce ou préclinique afin de confirmer ces résultats et d’évaluer le potentiel thérapeutique de ces traitements, seuls ou en association avec d’autres approches.
Les résultats de l’étude indiquent également un équilibre encourageant entre le renforcement de la réponse immunitaire et la réduction du risque de réactions inflammatoires excessives, qui peuvent endommager le cerveau.
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