Publié le 12 décembre 2025 à 20h09. Une nouvelle souche de grippe, baptisée « grippe K », provoque une épidémie précoce et intense en Europe, en particulier au Royaume-Uni, mettant les systèmes de santé sous forte pression.
- La souche « grippe K », un sous-clade de la grippe A/H3N2, se transmet plus facilement et suscite une réponse immunitaire plus faible.
- Le vaccin antigrippal actuel offre une protection réduite contre cette nouvelle variante, bien qu’il demeure efficace pour prévenir les formes graves de la maladie.
- Les hôpitaux, notamment au Royaume-Uni, sont saturés de patients et certains établissements scolaires ont dû fermer temporairement.
L’Europe est confrontée à une recrudescence inattendue de la grippe, avec une saison qui débute plusieurs semaines plus tôt que d’habitude et une propagation particulièrement rapide. Au Royaume-Uni, les autorités sanitaires avertissent que cette saison pourrait être la plus sévère depuis plus de dix ans. Le National Health Service (NHS) fait état d’une affluence historique de patients souffrant de symptômes grippaux et respiratoires, créant des tensions sans précédent en plein hiver, comme le rapporte The Guardian.
La « grippe K » désigne un sous-type spécifique du virus de la grippe A, H3N2, qui a récemment subi des mutations au sein du sous-clade K. Cette variante se caractérise par une transmissibilité accrue et une moindre reconnaissance par le système immunitaire, en raison de différences génétiques par rapport aux souches prédominantes des saisons précédentes. Selon les spécialistes interrogés par The Daily Telegraph, cette évolution compromet l’efficacité du vaccin antigrippal actuel.
Bien que le vaccin ne corresponde pas parfaitement à la nouvelle variante, il continue d’offrir une protection significative contre les complications graves, telles que la pneumonie et les hospitalisations. Les autorités sanitaires insistent sur l’importance de la vaccination, en particulier pour les populations vulnérables.
La situation est particulièrement préoccupante en Angleterre, où les hôpitaux accueillent quotidiennement des centaines de nouveaux patients en raison de la grippe et de complications respiratoires, avec des centaines de personnes nécessitant des soins intensifs. Certaines écoles ont été contraintes de fermer temporairement en raison d’épidémies de « grippe K », ravivant les souvenirs de la gestion des crises sanitaires, notamment celle liée à la COVID-19, selon HuffPost.
Le gouvernement britannique n’a pas pour l’instant décrété de mesures aussi strictes que les confinements ou le port obligatoire du masque, comme ce fut le cas pendant la pandémie de COVID-19. Il recommande toutefois de renforcer les mesures de protection, en particulier pour les personnes les plus fragiles. Le directeur général du NHS a souligné la rapidité de propagation du virus et la nécessité de renforcer la vaccination et les pratiques préventives, sans recourir à des confinements généralisés, d’après The Guardian.
L’impact de la « grippe K » ne se limite pas au Royaume-Uni. L’Espagne, la France, l’Allemagne et l’Italie connaissent également un début de saison grippale précoce, avec des taux d’infection plus élevés qu’à l’accoutumée, comme le souligne El País. En Espagne, certaines régions, comme la Catalogne et l’Aragon, ont rendu obligatoire le port du masque dans les centres de santé et les maisons de retraite, selon La Vanguardia.
La pression sur les services de soins primaires et d’urgence est en forte augmentation, avec une multiplication des consultations et une demande accrue de tests de diagnostic. Les experts soulignent que la circulation simultanée de la « grippe K », du virus respiratoire syncytial (VRS) et du SARS-CoV-2 complique le diagnostic et la prise en charge des patients.
Malgré la gravité de la situation, les experts appellent à la prudence et à l’adoption de mesures préventives éprouvées. La vaccination contre la grippe reste le principal moyen de prévention des complications graves, en particulier chez les personnes âgées de plus de 65 ans, les personnes atteintes de maladies chroniques et les femmes enceintes.
Les autorités sanitaires recommandent également :
- Une hygiène fréquente des mains et la désinfection des surfaces.
- Le port du masque dans les espaces clos et en contact avec des personnes vulnérables.
- L’évitement des foules et des réunions mal ventilées.
- Le repos à domicile en cas de symptômes grippaux.
Plusieurs experts, interrogés par El País, estiment que la combinaison d’une immunité affaiblie de la population, due à la faible circulation virale des saisons précédentes, et de l’émergence de variants comme la « grippe K » a créé un scénario inhabituel. Cette situation a conduit à une saison grippale précoce et prolongée qui met à rude épreuve les systèmes de santé européens et teste la résilience des plans de réponse aux maladies respiratoires, selon HuffPost.
Les spécialistes surveillent attentivement l’évolution du virus et ajustent leurs recommandations. La population se prépare à un hiver où la surveillance épidémiologique, la vaccination et les pratiques de prévention individuelle joueront un rôle crucial pour limiter l’impact de la « grippe K » sur la santé publique.