Publié le 16 octobre 2025 à 15h48. La grossesse est une période de besoins nutritionnels accrus, notamment en vitamines et minéraux essentiels au bon développement du fœtus et au maintien de la santé de la mère. Si une alimentation équilibrée suffit généralement, certaines carences sont fréquentes et nécessitent une supplémentation.
- L’acide folique (vitamine B9) est crucial dès la conception pour prévenir les anomalies du tube neural.
- L’iode est indispensable au développement du système thyroïdien du bébé et à la croissance saine des organes.
- Les besoins en fer augmentent considérablement pendant la grossesse, et une carence peut impacter le développement cérébral du fœtus.
Pendant la grossesse, le corps d’une femme subit des transformations profondes et ses besoins en vitamines et minéraux augmentent considérablement. Certaines de ces substances nutritives, comme l’acide folique et l’iode, sont particulièrement importantes et sont souvent recommandées en supplémentation. Une évaluation régulière des niveaux de fer est également conseillée, car le fœtus a des besoins importants en ce minéral.
Plusieurs vitamines jouent un rôle clé à différentes étapes de la grossesse. Le calcium est essentiel à la formation des os du bébé, tandis que l’acide docosahexaénoïque (DHA), un acide gras insaturé, contribue au développement du cerveau, des nerfs et des yeux. Les vitamines B, quant à elles, sont indispensables au métabolisme énergétique et au bon fonctionnement du système nerveux.
Quand la supplémentation vitaminique est-elle utile pendant la grossesse ?
Bien qu’une alimentation variée et équilibrée puisse généralement couvrir les besoins en vitamines et nutriments en France, certaines carences sont plus fréquentes. Selon l’Institut Robert Koch, près de 30 % des femmes enceintes présentent une carence en vitamine D. Le taux de carence en acide folique est encore plus élevé, atteignant 86 % selon la Techniker Krankenkasse. De plus, un rapport du Ministère fédéral de l’Alimentation et de l’Agriculture indique que 30 % des femmes ne consomment pas suffisamment d’iode.
Il est important de souligner qu’il ne faut pas s’auto-diagnostiquer ni s’auto-traiter avec des compléments alimentaires. Seul un bilan sanguin et l’avis d’un médecin peuvent déterminer s’il existe une réelle carence et quel traitement est approprié. La règle « plus, c’est mieux » ne s’applique pas ici. Les vitamines hydrosolubles (vitamines B et vitamine C) sont généralement excrétées par l’organisme en cas de surdosage, mais la prudence est de mise avec les vitamines liposolubles comme la vitamine D.
Pourquoi les femmes enceintes devraient-elles prendre de l’acide folique ?
Le système nerveux du fœtus se développe durant les premières semaines de grossesse. L’acide folique, ou folate, est alors essentiel à la croissance cellulaire et permet de prévenir les malformations du tube neural. En Allemagne, 86 % des femmes présentent une légère carence en acide folique, ce qui explique pourquoi la Société allemande de nutrition (DGE) recommande une supplémentation dès la planification d’une grossesse. Il est conseillé de prendre 400 microgrammes d’acide folique par jour en complément d’une alimentation riche en folate. Selon l’Institut fédéral de recherche sur les risques, cette supplémentation peut réduire le risque d’anomalies du tube neural. Il est important de noter que l’acide folique est la forme synthétique du folate, absorbée différemment par l’organisme.
Pourquoi la prise d’iode est-elle recommandée pendant la grossesse ?
L’iode est un oligoélément essentiel au bon fonctionnement de l’organisme, notamment pour la production d’hormones thyroïdiennes. En Allemagne, la teneur en iode du sol est relativement faible, ce qui explique l’enrichissement du sel de table en iode. En raison de l’augmentation du métabolisme de base pendant la grossesse, une supplémentation en iode est recommandée à partir de la 12e semaine de grossesse, comme le souligne le Journal des médecins. Si l’apport alimentaire quotidien est d’environ 120 microgrammes, une supplémentation de 100 microgrammes par jour peut être nécessaire, toujours sur avis médical.
Une carence en iode pendant la grossesse augmente le risque de fausse couche et de mortinaissance. Les bébés ont également besoin d’iode pour produire des hormones thyroïdiennes. Une carence prolongée peut entraîner des malformations congénitales, voire une surdité, une perte de la parole ou un retard de croissance, comme le précise le Manuel MSD.
Conséquences d’une carence en vitamines pendant la grossesse
Une carence en iode pendant la grossesse peut entraîner :
- Des fausses couches et des mortinaissances
- Un retard mental chez l’enfant
- Des malformations congénitales
Une carence en folate augmente le risque de :
- Malformations congénitales affectant le cerveau ou la moelle épinière, appelées anomalies du tube neural. La spina bifida (dos ouvert) est la pathologie la plus courante.
D’autres carences peuvent se manifester par :
- Une mauvaise formation des dents chez l’enfant en cas de carence en calcium.
- Des convulsions chez les nourrissons en cas de carence en vitamine B6.
Une carence en vitamine B12 peut provoquer chez le nourrisson :
- Un retard de développement
- Une hypotension artérielle
- Des tremblements ou des convulsions
Besoins quotidiens en vitamines pendant la grossesse et l’allaitement
Selon la Société allemande de nutrition (DGE), les femmes enceintes et allaitantes ont des besoins accrus en presque toutes les vitamines, à l’exception de la vitamine D et de la vitamine K. Voici un aperçu des besoins quotidiens :
- Femmes enceintes : 800 µg équivalent activité par jour
- Allaitement : 1300 µg équivalent activité par jour
- Besoins quotidiens réguliers pour les adultes : 700 µg équivalent activité par jour
- Femmes enceintes : 13 mg équivalent par jour
- Allaitement : 17 mg équivalent par jour
- Besoins quotidiens réguliers pour les adultes jusqu’à 65 ans : 12 mg équivalent par jour
Les besoins en vitamines B1, B2, B3, B6, B9 et B12 varient également selon le trimestre de grossesse et la période d’allaitement. (Voir l’article original pour les valeurs précises).
Besoins quotidiens en minéraux pendant la grossesse et l’allaitement
Les besoins quotidiens en minéraux augmentent également pendant la grossesse et l’allaitement, notamment en phosphore, fer, iode, zinc et sélénium. (Voir l’article original pour les valeurs précises).
Les besoins en magnésium, calcium, sodium et chlorure ne changent pas pendant la grossesse.
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