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C’est le signe d’un manque chronique de sommeil. »

by Sophie Martin

Publié le 7 janvier 2026 à 19h00. S’endormir en quelques minutes peut sembler un don, mais selon un neurologue, cela pourrait signaler un manque chronique de sommeil et avoir des conséquences sur la santé à long terme. Découvrez les trois piliers d’un repos véritablement réparateur.

  • S’endormir en moins de cinq minutes est souvent le signe d’un déficit de sommeil.
  • La régularité des horaires de sommeil, la durée (environ sept heures) et la qualité sont essentielles pour un repos optimal.
  • Le manque de sommeil chronique augmente les risques de démence, de maladies cardiovasculaires et d’autres problèmes de santé.

Beaucoup d’entre nous rêvent de pouvoir s’endormir aussi facilement que certains de leurs proches. Cette capacité à trouver le sommeil presque instantanément est souvent perçue comme un privilège. Pourtant, un spécialiste des troubles du sommeil révèle que cette rapidité à s’endormir pourrait cacher un problème de santé plus profond.

Le neurologue Conrad Estol, spécialiste des troubles du sommeil et auteur de plus de 170 publications scientifiques, explique dans un article publié par La Nación que s’endormir en moins de cinq minutes après avoir posé sa tête sur l’oreiller n’est pas un signe de bonne santé.

« Si quelqu’un s’endort en moins de cinq minutes, ce n’est pas un talent enviable, mais le signe d’un déficit chronique de sommeil. Normalement, il faut 10 à 15 minutes pour s’endormir »

Conrad Estol, neurologue et spécialiste des troubles du sommeil

Ce délai, souvent considéré comme une perte de temps, est en réalité crucial. Le cerveau a besoin de cette période de transition pour se déconnecter progressivement de l’état d’éveil et se préparer au repos. S’endormir instantanément suggère que le corps est tellement épuisé qu’il s’effondre directement dans le sommeil, sans passer par cette phase de relaxation nécessaire.

Selon les estimations, près de 50 % de la population ne dorment pas suffisamment, et beaucoup d’entre eux ignorent ce problème. Ils attribuent leur capacité à s’endormir rapidement à une bonne santé, alors qu’il s’agit en réalité d’une dette de sommeil qui finira par avoir des conséquences néfastes.

Les trois piliers d’un repos réparateur

Le docteur Estol met en avant trois éléments fondamentaux pour un sommeil de qualité. Il ne suffit pas de dormir un certain nombre d’heures ; il faut également respecter une certaine régularité et veiller à la qualité du sommeil.

La régularité est primordiale. Maintenir des horaires de coucher et de lever cohérents, même le week-end, réduit le risque de décès, quelle qu’en soit la cause, y compris les maladies cardiovasculaires et le cancer. Les variations d’horaires entre la semaine et le week-end peuvent augmenter le risque de dépression et rendre le réveil du lundi plus difficile. « Ceux qui ont plus de difficultés à se lever tôt le lundi souffrent d’un trouble de l’horaire causé par leurs habitudes du week-end », prévient le neurologue.

La durée du sommeil est également importante. L’objectif est de viser environ sept heures de sommeil par nuit. Dormir moins de six heures ou plus de neuf heures augmente le risque de démence et de maladies cardiovasculaires. Selon le docteur Estol, les personnes qui ne dorment pas suffisamment s’exposent à un risque de démence doublé.

Enfin, la qualité du sommeil est essentielle. Il est inutile de passer huit heures au lit si la moitié de ce temps est passée à se retourner ou à être éveillé. La qualité du sommeil se mesure par le pourcentage de temps réellement passé à dormir au lit, idéalement 85 % ou plus. Il est important de passer par toutes les phases du sommeil – léger, profond et paradoxal – pour un repos véritablement réparateur.

Les conséquences d’un manque de sommeil

Le docteur Estol insiste sur le fait que le sommeil n’est pas un luxe, mais une nécessité.

« Bien dormir n’est pas un luxe : c’est un investissement dans la santé physique, mentale, émotionnelle et sociale. C’est littéralement notre chargeur biologique »

Conrad Estol, neurologue et spécialiste des troubles du sommeil

Un manque de sommeil chronique peut entraîner une insomnie, qui se manifeste non seulement par des difficultés à s’endormir, mais aussi par une somnolence diurne affectant la qualité de vie. Cela se traduit par de la fatigue, des difficultés de concentration, une baisse de performance au travail et des troubles de l’humeur. Les conséquences vont bien au-delà de ces symptômes.

Le manque de sommeil augmente le risque de problèmes cardiovasculaires, de troubles cognitifs, d’obésité, de diabète et même de cancer. Il affecte également la mémoire, le système immunitaire et la capacité à gérer les émotions. En somme, mal dormir revient à vivre avec le frein à main serré : on peut avancer, mais cela demande plus d’efforts et use prématurément l’organisme.

L’obsession du contrôle

À l’heure actuelle, nous sommes obsédés par la mesure de tous les aspects de notre vie : nombre de pas, calories brûlées, heures de sommeil, phases de sommeil… Les appareils connectés sont devenus populaires, et chacun cherche à optimiser son repos. Cependant, cette obsession de la mesure peut engendrer un nouveau problème : l’orthosomnie, une insomnie causée par un hypercontrôle.

L’orthosomnie se manifeste lorsque l’on est tellement préoccupé par la qualité de son sommeil que cette préoccupation elle-même empêche de se reposer. On commence à scruter les données de son bracelet connecté chaque matin, à s’inquiéter si l’on n’a pas atteint les phases de sommeil profond recommandées, et à se retourner dans son lit en pensant que l’on ne dort pas bien. Un cercle vicieux qui ne fait qu’aggraver le problème.

Améliorer son sommeil sans obsession

Le neurologue propose quelques conseils pratiques pour améliorer son sommeil, tels que maintenir des horaires réguliers, éviter les repas copieux le soir, réduire la consommation de caféine et d’alcool, et créer un environnement propice au repos. Vous pouvez trouver d’autres astuces ici.

Il est également important de ne pas dramatiser. Si l’on dort mal une nuit, ce n’est pas grave. Le problème survient lorsque cela devient la norme. Et surtout, si l’on constate que l’on s’endort instantanément chaque nuit, il est peut-être temps de revoir ses habitudes et de se demander si l’on se repose réellement suffisamment. Car, comme le souligne le docteur Estol, « sans un bon sommeil, c’est tout l’organisme qui souffre ».

Photographies | Freepik, Facebook de Conrado Estol

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