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Cette pompe cardiaque sur mesure pourrait-elle transformer les soins dispensés à la moitié des patients atteints d’insuffisance cardiaque ?

Plus de 32 millions de personnes dans le monde souffrent d'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée (HFpEF), une forme de la maladie pour laquelle les options thérapeutiques sont limitées. Des chercheurs de l'Université Monash en Australie développent une…

Cette pompe cardiaque sur mesure pourrait-elle transformer les soins dispensés à la moitié des patients atteints d’insuffisance cardiaque ?

Plus de 32 millions de personnes dans le monde souffrent d’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée (HFpEF), une forme de la maladie pour laquelle les options thérapeutiques sont limitées. Des chercheurs de l’Université Monash en Australie développent une pompe cardiaque innovante, potentiellement capable d’améliorer considérablement la qualité de vie et les perspectives d’avenir de ces patients.

L’HFpEF, qui touche plus de la moitié des personnes atteintes d’insuffisance cardiaque, se caractérise par un cœur rigide et des parois épaissies, rendant inefficaces les dispositifs d’assistance ventriculaire standard. « La plupart de ces patients ont un cœur raide, avec des parois épaissies et un ventricule plus petit. Cela signifie que les dispositifs d’assistance ventriculaire standard ne s’ajustent pas bien et peuvent même causer des dommages », explique Nina Langer, doctorante en génie mécanique à Monash et principale auteure de l’étude.

Pour pallier ce manque d’options, Langer a conçu un système de simulation cardiovasculaire de haute technologie, comprenant des tuyaux, des pompes et des vannes, lui permettant de tester et d’ajuster des modifications apportées aux dispositifs existants en temps réel. Ses recherches, publiées dans la revue Annales du génie biomédical (doi : 10.1007/s10439-024-03585-y), suggèrent qu’une pompe cardiaque spécifiquement conçue pour l’HFpEF pourrait servir de pont vers une transplantation cardiaque, maintenant les patients en vie en attendant un cœur de donneur, ou même constituer une solution thérapeutique à long terme.

L’étude met en évidence la nécessité de dispositifs d’assistance circulatoire mécanique dédiés à l’HFpEF, plutôt que de tenter d’adapter des technologies conçues pour d’autres types d’insuffisance cardiaque. « Une pompe dédiée pourrait transformer les soins pour des millions de personnes, offrant une nouvelle vie à ceux qui n’ont actuellement que peu d’options », affirme Langer.

Ce développement s’inscrit dans le cadre du programme Artificial Heart Frontiers (AHFP) de Monash, le plus important programme australien dédié aux dispositifs cardiovasculaires. Le professeur Shaun Gregory, codirecteur de l’AHFP, souligne l’importance de cette recherche : « La recherche translationnelle et de haute qualité de Nina capture le besoin non satisfait d’une nouvelle assistance circulatoire mécanique ciblée pour la plus grande cohorte de patients souffrant d’insuffisance cardiaque – plus de la moitié des patients entrent dans la catégorie HFpEF. »

En collaboration avec l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), Langer a également développé un modèle informatique validé expérimentalement, permettant d’explorer plus avant les adaptations possibles des pompes cardiaques et de stimuler l’innovation dans ce domaine.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.