Les autorités espagnoles ont achevé le démantèlement du campement illégal de la plage de Trampolín à Ceuta, débuté le 4 octobre 2026. Cette opération, qui a mobilisé les forces de sécurité, a conduit au transfert de 1 100 migrants vers des centres d’accueil, tandis que plus de 1 200 personnes ont choisi de retourner volontairement au Maroc.
Le démantèlement du campement de la plage de Trampolín
Le site, qui abritait plus de 3 000 personnes vivant dans des abris de fortune faits de bâches et de morceaux de bois, constituait le dernier campement de plage subsistant dans la ville autonome après l’évacuation préalable de la plage de Benítez. Le ministre espagnol de la Politique régionale, Ángel Víctor Torres Pérez, a confirmé via le réseau social X que l’opération, menée par la police nationale, la garde civile et l’armée, s’est déroulée « avec succès et sans incident », du petit matin jusqu’à la tombée de la nuit.
Le ministre a exprimé sa reconnaissance envers les forces de sécurité et les organisations impliquées dans le transfert des migrants vers des structures d’accueil réglementées. Ces installations, incluant le Centre de rétention temporaire pour étrangers (CATE), permettent l’identification des personnes et la constitution de leurs dossiers juridiques. Le ministère de l’Intérieur espagnol, dirigé par Fernando Grande-Marlaska, considère cet afflux migratoire comme une situation exceptionnelle et sans précédent aux frontières de l’Union européenne, soulignant que la coopération avec le Maroc a été un facteur essentiel pour accélérer les retours.

Le choix du retour volontaire au Maroc
Parallèlement aux transferts vers les centres d’accueil, un nombre important de migrants a opté pour un retour volontaire au Maroc. Les sources policières citées par l’agence EFE font état de plus de 1 200 retours volontaires survenus entre dimanche et lundi. Ce choix s’explique par le refus de nombreux exilés de passer par le CATE, où leur situation serait examinée, notamment au regard d’une éventuelle demande de protection internationale. D’après les données recueillies, le nombre de personnes regagnant le Maroc a augmenté progressivement au cours de la journée du 4 octobre, atteignant près de 600 individus vers 19h.
D’après les observations sur place, ces migrants savaient qu’ils ne pourraient pas solliciter l’asile et ont préféré retourner dans leur pays d’origine plutôt que de se soumettre aux procédures d’identification. Cette dynamique rappelle la situation observée à la plage de Benítez, où environ 200 personnes avaient également choisi de quitter l’enclave volontairement. Pour ceux ne présentant pas de motif permettant d’envisager une protection internationale, ce retour constitue une alternative directe aux dispositifs gouvernementaux.
Contexte migratoire et préparatifs officiels
Ces évacuations surviennent alors que la ville de Ceuta, qui compte un peu plus de 80 000 habitants, tente de retrouver une situation normale après l’afflux massif de plus de 70 000 migrants venus du Maroc les 30 et 31 juillet. Si l’immense majorité était repartie rapidement, plusieurs milliers sont restés, dégradant la situation locale et suscitant des manifestations de la population réclamant un retour à la normale.
Ce voyage, le premier du souverain depuis 2014, présente des enjeux diplomatiques délicats en raison des frictions persistantes avec le Maroc, qui revendique sa souveraineté sur Ceuta et Melilla. En préparation de cette visite, les équipes de nettoyage de la ville ont commencé à éliminer les déchets laissés par le rassemblement humain sur la plage pour réhabiliter la zone.
