Un programme de marche progressive, combiné à la kinésithérapie classique, pourrait améliorer significativement la qualité de vie et la mobilité des personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC). Une étude préliminaire, dont les résultats seront présentés lors de la conférence internationale de l’American Stroke Association en septembre 2025, met en évidence les bénéfices de cette approche.
L’étude, menée dans 12 unités de soins spécialisées en AVC à travers le Canada, a porté sur 306 patients ayant subi un AVC ischémique (causé par un caillot) ou hémorragique (saignement), en moyenne 29 jours après l’incident. Les participants ont été répartis aléatoirement en deux groupes : un groupe recevant la kinésithérapie standard et un autre suivant un nouveau protocole axé sur la marche.
Ce protocole innovant visait à encourager au moins 30 minutes d’activité physique quotidienne, incluant la marche et des exercices de mise en charge, avec une intensité augmentant progressivement. Pour suivre leur progression, les participants portaient un dispositif de suivi d’activité mesurant leur fréquence cardiaque et le nombre de pas effectués. L’objectif était d’atteindre 2 000 pas avec une intensité modérée pendant les séances de kinésithérapie, cinq jours par semaine.
Les résultats sont encourageants : après quatre semaines, le groupe ayant suivi le programme de marche progressive a montré une amélioration d’environ 43,6 mètres (143 pieds) supplémentaire au test de marche de six minutes, par rapport au groupe témoin. De plus, ce groupe a constaté une amélioration significative de leur qualité de vie, de leur équilibre, de leur mobilité et de leur vitesse de marche.
« L’avancée majeure de cette étude réside dans la formation de tous les kinésithérapeutes de première ligne dans les 12 unités d’AVC participantes », explique Janice Eng, spécialiste de la réadaptation après AVC et professeure à l’Université de la Colombie-Britannique. « Nous avons souhaité évaluer l’impact de l’intégration de ce protocole dans la pratique clinique courante, afin que tous les thérapeutes et tous les patients puissent en bénéficier. »
Selon Preeti Raghavan, présidente du comité de réadaptation et de récupération de l’American Stroke Association, « Il est très difficile de modifier les pratiques établies. Cette recherche démontre qu’il est possible de le faire dans un contexte de réadaptation hospitalière, à un moment crucial après un AVC, lorsque le cerveau est particulièrement réceptif. Le protocole a permis d’améliorer l’endurance et de réduire davantage le handicap lié à l’AVC. »
Les chercheurs soulignent que l’étude comportait une limite : seuls les patients capables de faire au moins cinq pas, même avec assistance, ont pu y participer. Cependant, ils estiment que ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles approches de réadaptation après AVC, axées sur l’intensité progressive de l’exercice physique.
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