Publié le 4 janvier 2026. Le Yémen est confronté à une divergence monétaire sans précédent entre ses principales villes, Aden et Sanaa, rendant les transactions financières extrêmement risquées et exacerbant la crise économique du pays.
- À Aden, le dollar américain s’échange jusqu’à 1 633 riyals yéménites, tandis qu’à Sanaa, il ne coûte que 540 riyals.
- Un écart similaire est observé avec le riyal saoudien : 428 riyals à Aden contre 140,5 riyals à Sanaa.
- Les transferts d’argent entre les deux villes sont devenus un véritable défi pour les familles yéménites, avec une perte significative du pouvoir d’achat.
La situation économique au Yémen atteint un point critique, illustré par un écart colossal entre les taux de change du dollar américain et du riyal saoudien dans les villes d’Aden et de Sanaa. Selon les données du 4 janvier 2026, un dollar américain se négocie à 1 617 riyals yéménites à Aden, contre seulement 535 riyals à Sanaa. Cette disparité, qui dépasse les 200 %, place les citoyens yéménites face à une réalité économique dévastatrice.
Le riyal saoudien subit également une fluctuation importante. À Aden, il faut débourser jusqu’à 425 riyals yéménites pour acquérir un riyal saoudien, alors qu’à Sanaa, le même montant ne coûte que 140 riyals. En d’autres termes, un habitant d’Aden paie plus de trois fois le prix d’un habitant de Sanaa pour obtenir la même monnaie.
Cette divergence monétaire transforme le simple fait de se déplacer entre les deux villes en une opération financière périlleuse. Tout montant en devises fortes perd environ les deux tiers de sa valeur lorsqu’il passe de Sanaa à Aden, tandis que l’inverse est vrai pour les transferts d’Aden à Sanaa. Les familles yéménites, souvent dispersées entre les différentes régions du pays, sont particulièrement touchées par ce phénomène.
Les chiffres actuels révèlent une dichotomie tragique : la monnaie unique du Yémen s’est de facto divisée en deux instruments financiers distincts. Cette situation impose un fardeau supplémentaire aux citoyens déjà confrontés à des conditions de vie extrêmement difficiles et reflète une rupture profonde sur les plans politique et économique. Envoyer de l’argent de Sanaa à Aden, ou vice versa, est devenu un véritable cauchemar, car le pouvoir d’achat des fonds est considérablement altéré en fonction de la direction du transfert.
À ne pas manquer
