Publié le 2024-02-29 14:35:00. Le tourisme irlandais, pilier de l’économie nationale avec plus de 6 milliards d’euros de retombées annuelles, ambitionne de croître de 50 % d’ici cinq ans, en misant sur une diversification de l’offre et une attractivité renforcée hors saison.
- Le plan stratégique vise une augmentation de 15 % du nombre de visiteurs étrangers d’ici 2031.
- Développer le tourisme en dehors de la haute saison, notamment en hiver, est un enjeu majeur.
- Valoriser les régions moins fréquentées et la gastronomie irlandaise sont des axes prioritaires.
Le tourisme représente un secteur vital pour l’Irlande, non seulement en termes de revenus – plus de 6 milliards d’euros chaque année – mais aussi en matière d’emploi. Contrairement à d’autres secteurs clés comme la technologie ou la pharmacie, le tourisme est solidement ancré dans l’ensemble du territoire, créant des opportunités économiques dans chaque région.
Un objectif ambitieux a été fixé : augmenter les revenus du tourisme de 50 % pour atteindre 9 milliards d’euros au cours des cinq prochaines années. Pour y parvenir, une stratégie combinant plusieurs éléments est envisagée : attirer des touristes plus dépensiers, augmenter les dépenses moyennes par visiteur étranger et accroître le nombre de visiteurs provenant de marchés mieux connectés à l’Irlande.
L’un des principaux défis consiste à attirer davantage de touristes pendant les mois d’hiver, afin de désengorger la haute saison et de répartir plus équitablement les retombées économiques. Cette stratégie vise également à réduire la pression sur les ressources naturelles et sur un secteur de l’hôtellerie et de l’hébergement souvent saturé en été.
L’Irlande comme destination hivernale
Si l’idée d’attirer plus de touristes en hiver est séduisante, sa mise en œuvre représente un défi de taille. Si les Irlandais eux-mêmes ne sont pas toujours enthousiastes face à leurs étés, les visiteurs en provenance d’Europe du Sud ou des États-Unis semblent apprécier la douceur de la pluie irlandaise et les températures clémentes, même en juillet et août. Convaincre ces mêmes voyageurs de découvrir l’Irlande sous un ciel plus sombre et dans un climat plus frais nécessitera des efforts considérables.
Des événements à succès comme le festival de la Saint-Patrick, qui attire des foules considérables depuis plus de vingt ans, et le festival de Puca, centré sur Athboy et Trim, qui a contribué à renforcer la réputation de l’Irlande comme destination d’Halloween, montrent qu’il est possible de créer des expériences attractives en dehors de la haute saison. Il reste cependant beaucoup à faire pour développer davantage d’événements et d’expériences mémorables à l’approche de Noël et au printemps.
Rendre l’Irlande plus attractive pour les Irlandais
Encourager les Irlandais à passer leurs vacances dans leur propre pays est un autre enjeu important. La période de confinement liée à la pandémie de Covid-19 a contraint de nombreux habitants à redécouvrir les attraits de l’île, et beaucoup ont apprécié cette expérience. Cependant, un sentiment de frustration s’est également fait jour, lié à un rapport qualité-prix jugé insuffisant. Les touristes étrangers se plaignent rarement de la météo ou des prix, mais les Irlandais, eux, n’hésitent pas à exprimer leur mécontentement. Pour inciter davantage d’Irlandais à passer leurs vacances chez eux, il est donc essentiel d’améliorer l’offre et de proposer des expériences qui en valent la peine.
Concentrez-vous sur les destinations touristiques moins matures
Le plan “Une nouvelle ère pour le tourisme irlandais” souligne la nécessité de répartir les bénéfices du tourisme sur l’ensemble du territoire. Les sites emblématiques comme les falaises de Moher et le Guinness Storehouse sont déjà très fréquentés et ne peuvent accueillir un nombre illimité de visiteurs. Le succès du Wild Atlantic Way, une route touristique de 2 600 kilomètres reliant Cork à Donegal, est un exemple à suivre. Il serait judicieux d’ériger une statue en hommage à l’esprit créatif derrière cette initiative tous les 50 kilomètres le long de la route. Le plan prévoit de reproduire ce succès en mettant l’accent sur les destinations touristiques moins développées, notamment les “Cœurs cachés de l’Irlande” et les “Terres ancestrales de l’Irlande”, afin de rendre l’offre plus attractive et d’augmenter le nombre de touristes dans ces régions de 7 %.
Une attraction « gourmande »
Si la cuisine française, italienne et espagnole suscite l’admiration dans le monde entier, la gastronomie irlandaise est moins connue. Les raisons de cet écart sont multiples, mais l’Irlande progresse et offre aujourd’hui des produits de qualité exceptionnelle : fruits de mer frais, viande savoureuse, fromages artisanaux et produits de saison. De nombreux chefs talentueux savent mettre ces ingrédients en valeur et proposer des plats originaux et savoureux. Bien que la gastronomie ne soit pas encore la principale motivation des voyageurs en Irlande, 81 % des visiteurs jugent la qualité de la nourriture irlandaise “très bonne”. En misant sur la qualité et l’authenticité, l’Irlande pourrait attirer des touristes plus exigeants et soutenir le développement régional.
Les pubs irlandais, véritables institutions, constituent également un atout majeur. Boire une pinte de Guinness dans un pub traditionnel, bercé par les mélodies d’un groupe de musique irlandaise, fait partie des expériences incontournables pour de nombreux touristes. Le plan souligne l’importance d’une “économie nocturne dynamique et inclusive” et appelle à soutenir cette activité et à revitaliser la vie nocturne.
Et enfin, les bienvenues
Le document insiste sur la nécessité de préserver l’hospitalité légendaire de l’Irlande, qui contribue à fidéliser les visiteurs et à encourager le bouche-à-oreille positif. Il incombe à chacun de veiller à accueillir les touristes avec chaleur et de leur offrir le meilleur de ce que l’Irlande a à offrir, non seulement pour des raisons économiques, mais aussi par simple courtoisie.
