Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

CNUCED : la mondialisation se recompose et accentue ses déséquilibres

La croissance mondiale ralentira à 2,6 % en 2026, freinée par un choc énergétique et une instabilité financière.

CNUCED : la mondialisation se recompose et accentue ses déséquilibres

La croissance mondiale ralentira à 2,6 % en 2026, freinée par un choc énergétique et une instabilité financière. Le commerce international atteindra pourtant un sommet en valeur, tandis que les bénéfices se concentrent dans un nombre restreint de marchés et de technologies de pointe, selon un rapport de l’ONU commerce et développement.

L’économie mondiale fait face à une transition marquée par des tensions géopolitiques et la persistance de barrières commerciales. D’après le Rapport sur le commerce et le développement 2026 publié en octobre par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, l’expansion économique reculera à 2,6 % cette année, après avoir atteint 2,9 % en 2025. Une légère remontée à 2,7 % est ensuite attendue pour 2027.

Ce ralentissement général coïncide pourtant avec un volume d’échanges record. En 2025, les flux mondiaux de biens et de services ont dépassé la barre des 35 000 milliards de dollars. Pour 2026, le commerce international devrait progresser d’environ 4 % en volume et à prix constants. L’agence onusienne souligne toutefois que cette hausse en valeur résulte en grande partie de la progression des prix de l’énergie, alimentée par la crise au Moyen-Orient, et non d’une augmentation équilibrée des volumes transportés par conteneurs.

Le déséquilibre des flux et la concentration technologique

Derrière la résistance apparente des marchés internationaux, la mondialisation se recompose de manière sélective. Les États utilisent leurs instruments industriels et financiers pour sécuriser leurs approvisionnements et protéger leurs secteurs jugés essentiels. Cette orientation modifie profondément la carte des échanges. Les flux commerciaux entre la Chine et les États-Unis affichent ainsi un recul de plus de 20 % depuis 2024, tandis que l’Asie de l’Est renforce ses liens avec ces deux puissances économiques.

CNUCED : la mondialisation se recompose et accentue ses déséquilibres
Photo : Vietnam.vn

La création de valeur se concentre de manière spectaculaire dans les filières d’avenir. Les produits liés à l’intelligence artificielle, à l’instar des semi-conducteurs et du matériel informatique de pointe, constituent désormais le moteur principal du commerce de marchandises. Mais cette dynamique masque une forte asymétrie. Selon l’organe de l’ONU chargé du commerce, quatre catégories de fournisseurs captent 82 % de la valeur ajoutée dans les chaînes d’approvisionnement étudiées pour ces équipements.

L’Asie jouera un rôle moteur dans l’économie de 2026, avec une contribution estimée à 59 % de la croissance mondiale. L’Inde devrait progresser de 7,3 %, l’Indonésie de 5,2 %, et la Chine de 4,5 %.

CNUCED : la mondialisation se recompose et accentue ses déséquilibres
Photo : Flows

L’impact sur les pays en développement et le défi de la convergence

Pour les économies en développement, la situation financière se tend. Leur taux de croissance globale devrait passer de 4,7 % en 2025 à 4 % en 2026.

Le problème dépasse le simple ralentissement conjoncturel. Hors de quelques économies asiatiques, le rattrapage des revenus par habitant par rapport aux pays avancés est interrompu depuis le milieu des années 2010. Cette contraction prive de nombreux États des capitaux nécessaires pour moderniser leurs infrastructures.

« Les contrôles à l’exportation, le filtrage des investissements et les conditions des chaînes d’approvisionnement rendent les secteurs stratégiques plus difficiles d’accès pour les nouveaux entrants. »

Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, CNUCED

Les prévisions institutionnelles face aux chocs énergétiques

Les tensions géopolitiques et la volatilité des marchés financiers pèsent lourdement sur les perspectives globales. L’agence onusienne avertit que les chocs énergétiques exigent une révision des stratégies de sécurité économique. Selon ses analyses, la diversification des sources d’approvisionnement énergétique et la suppression des goulots d’étranglement logistiques constituent des réponses plus efficaces pour contrer l’inflation par l’offre qu’un resserrement monétaire généralisé.

Face à ces mutations, la CNUCED exhorte les pays en développement à repenser leur politique industrielle. Il ne s’agit plus seulement d’attirer des capitaux étrangers par la seule ouverture commerciale, mais de coordonner les politiques publiques pour bâtir des capacités productives nationales durables.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now
À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.