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Bien-être : dépenses essentielles s’imposent à Québec

Malgré l'inflation et la pression sur le coût de la vie, le bien-être et la santé mentale s'imposent comme des dépenses incontournables pour les Québécois.

Bien-être : dépenses essentielles s'imposent à Québec

Malgré l’inflation et la pression sur le coût de la vie, le bien-être et la santé mentale s’imposent comme des dépenses incontournables pour les Québécois. Entre 2021 et 2025, l’achalandage moyen des spas a bondi de 54 %, tandis que les budgets consacrés aux voyages et à l’immobilier de bien-être continuent de croître.

Le coût de la vie domine les discussions publiques, mais une part du budget des Québécois résiste à toutes les compressions. Les dépenses liées à la santé mentale et au bien-être sont devenues pratiquement intouchables, quitte à sacrifier l’épargne-retraite ou le remboursement de dettes, selon les observations d’intervenants du milieu financier.

La transformation du budget mensuel et l’essor des spas

Autrefois classées dans l’épargne à court terme en vue d’objectifs précis, les sorties et les activités de détente intègrent désormais systématiquement le budget mensuel des ménages. D’après l’Association québécoise des spas, l’achalandage moyen des établissements a progressé de 54 % entre 2021 et 2025.

Cynthia Laventure, directrice générale du Groupe financier Symbiose, constate que cette pression financière pousse certains clients à emprunter directement sur leur maison ou via des cartes de crédit afin de s’offrir leur voyage annuel.

Le tourisme de bien-être et les nouvelles formules de méditation

L’importance accordée au voyage ne cesse d’augmenter depuis la pandémie, d’après la Chaire de tourisme Transat. Dans son étude annuelle menée en 2025, la Chaire révèle que le bien-être pèse dans le choix de la destination ou du type de séjour pour un Québécois sur quatre, indépendamment de ses revenus. Marc-Antoine Vachon, titulaire de la Chaire de tourisme Transat, qualifie ces voyageurs de chasseurs d’économies prêts à adopter un mode de vie plus frugal pour faire du voyage un investissement personnel.

Cette quête d’équilibre se manifeste également dans l’offre de services. Laurence Mercier, docteure en génie biomédical et enseignante de méditation depuis 2014, organise des retraites au Spa Eastman où les participants versent environ 1400 $ pour quatre jours. Face à la demande, elle propose aussi des formules d’une journée à Montréal pour un peu plus d’une centaine de dollars, permettant aux clients d’apporter leur propre repas.

Il y en a qui se rendent compte qu’après quatre jours en retraite, ils reviennent dans un bien meilleur état que s’étaient partis sept jours ailleurs.

Laurence Mercier, enseignante de méditation

L’immobilier de bien-être et la longévité

À l’échelle internationale, l’Amérique du Nord concentre environ le tiers des dépenses mondiales en matière de bien-être, selon le Global Wellness Institute. La catégorie qui enregistre la croissance la plus rapide à travers le monde est l’immobilier de bien-être, dont le volume est passé de 220 à 550 milliards de dollars américains.

Au Québec, la courtière immobilière Judith Ritchie, qui a développé une formation spécialisée en collaboration avec l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), observe que les milléniaux perçoivent l’habitation comme un patrimoine de longévité. Les aînés y voient quant à eux un moyen de rompre l’isolement. Malgré un coût supérieur de 15 à 20 %, ces propriétés trouvent preneurs auprès d’une clientèle consciente de l’influence de son environnement sur la santé mentale après les mois de confinement.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.