Home SantéCombien de cuillerées de sucre par jour peut-on ingérer au maximum sans risquer de développer une stéatose hépatique ?

Combien de cuillerées de sucre par jour peut-on ingérer au maximum sans risquer de développer une stéatose hépatique ?

by Sophie Martin

Publié le 1er décembre 2025 à 19h57. Une consommation excessive de sucres ajoutés est directement liée à l’accumulation de graisse dans le foie, un facteur de risque majeur pour la stéatose hépatique non alcoolique, une maladie silencieuse en pleine expansion.

  • Des recherches récentes établissent un lien direct entre la consommation de sucres ajoutés et l’augmentation de la graisse dans le foie.
  • Une étude de l’Université de Zurich révèle qu’une consommation quotidienne de 80 grammes de sucre ajouté (présente dans moins d’un litre de boisson gazeuse) augmente significativement la production de graisse hépatique.
  • L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et d’autres entités sanitaires mettent en garde contre les excès de sucre dans les aliments transformés.

La consommation habituelle de sucres ajoutés est de plus en plus pointée du doigt comme un facteur clé dans le développement de maladies hépatiques. Au-delà de leur contribution calorique, la quantité et le type de sucres présents dans notre alimentation quotidienne ont un impact direct sur la santé du foie, même si les seuils d’alerte restent méconnus du grand public.

Selon un rapport de la Société chilienne d’obésité, la consommation moyenne de sucre en Suisse dépasse les 100 grammes par jour, un chiffre alarmant qui excède largement les recommandations internationales. Le sucre ajouté se cache non seulement dans les confiseries et les boissons sucrées, mais également dans des produits courants tels que les yaourts, les sauces, le pain et même les saucisses.

Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Zurich (UZH) et de l’Hôpital universitaire de Zurich (USZ) a analysé l’impact de différents types de sucres sur le métabolisme hépatique. 94 jeunes hommes en bonne santé ont consommé pendant sept semaines des boissons sucrées contenant du fructose, du glucose ou du saccharose. Grâce à l’utilisation de traceurs métaboliques, les chercheurs ont constaté une augmentation notable de la production de graisse dans le foie avec un apport quotidien de 80 grammes de sucre ajouté.

Le professeur Philippe Gerber, responsable de l’étude, souligne :

« La production de graisse par le corps dans le foie était deux fois plus élevée dans le groupe fructose que dans le groupe glucose ou témoin, et cet effet persistait même 12 heures après la dernière consommation de sucre. »

Philippe Gerber, responsable de l’étude

L’étude a également révélé que le saccharose, un sucre couramment utilisé dans l’industrie alimentaire, avait un effet amplificateur encore plus important que le fructose, remettant en question l’idée reçue selon laquelle ce dernier serait le principal responsable des risques pour le foie.

Pour prévenir les risques, des chiffres de consommation recommandés ont été établis. Selon le guide de Max Santé, il est conseillé de ne pas dépasser :

  • Hommes : 36 grammes de sucre par jour (9 cuillères à café).
  • Femmes : 25 grammes de sucre par jour (6 cuillères à café).

Ces quantités incluent tous les sucres ajoutés présents dans les boissons, les pâtisseries, les sauces et les produits industriels, et pas seulement ceux que l’on ajoute soi-même au café ou au thé. Même des quantités qui peuvent sembler modérées peuvent entraîner une augmentation significative de la synthèse des graisses hépatiques, comme le confirment les études publiées par la Société chilienne d’obésité et l’Université de Zurich.

Il est donc essentiel de lire attentivement les étiquettes nutritionnelles et de calculer son apport quotidien en sucres, car de nombreuses préparations commerciales dépassent facilement ces seuils en une seule portion.

Le foie joue un rôle central dans la régulation du métabolisme énergétique. Un excès de sucre l’oblige à transformer les sucres simples en lipides, favorisant ainsi l’accumulation de graisse dans ses cellules. Ce processus, prolongé dans le temps, crée les conditions de la stéatose hépatique non alcoolique et peut, à terme, conduire au diabète de type 2 et à d’autres troubles métaboliques.

Comme l’explique Philippe Gerber,

« Nos résultats représentent une étape cruciale dans l’étude des effets nocifs des sucres ajoutés et seront importants pour les futures recommandations diététiques. »

Philippe Gerber, Société chilienne d’obésité

L’Organisation Mondiale de la Santé recommande d’adopter des mesures simples pour limiter sa consommation de sucre :

  • Lire attentivement les étiquettes des produits transformés.
  • Privilégier les aliments frais et les préparations maison.
  • Choisir des alternatives sans sucre ajouté ou avec des édulcorants naturels à faible dose.
  • Limiter la consommation de boissons gazeuses, de jus industriels et de pâtisseries.

Les données issues de la Société chilienne d’obésité et des sources cliniques telles que Max Santé confirment l’importance de surveiller sa consommation de sucres ajoutés pour préserver la fonction hépatique et prévenir les maladies métaboliques à long terme.

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