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Comment ces produits sont-ils arrivés ici ?

by Amélie Bernard

Publié le 25 décembre 2025 à 08h03, mis à jour à 08h51. Des produits décalés, des rayons chamboulés : une enquête amusée sur les mystères des supermarchés, où l’imagination des clients rivalise avec les erreurs de rangement.

On croise régulièrement, en faisant ses courses, des scènes qui défient la logique : du thé glacé aux côtés des figurines Pokémon, une couronne de pain croustillant nichée dans le rayon des glaces… Comment ces produits finissent-ils hors de leur place ? L’auteure, Aylin Erol, s’est amusée à imaginer les histoires qui se cachent derrière ces anomalies, à partir de clichés pris en magasin.

Pourquoi du pain dans le congélateur ?

Des histoires inventées, mais des images réelles : c'est ainsi que les marchandises finissent au mauvais endroit dans le supermarché.

Quelqu’un a-t-il préféré une glace au petit-déjeuner plutôt qu’une tartine ?Image: watson/aylin erol

Jeudi soir, 18 heures. Une mère, stressée, cherche l’inspiration pour le dîner. Elle opte pour des légumes sains pour ses enfants : poireaux, carottes, chou et pommes de terre finissent dans le caddie. Son fils Mateo, âgé de presque trois ans, observe la scène depuis la voiture. « Qu’est-ce que c’est ? » demande-t-il en pointant le chou. « C’est cool ! » s’exclame son frère Léon, cinq ans, agrippé au caddie. « Non, c’est du chou », corrige la mère en écartant les petites mains de Léon. « Chou ! » répète Mateo. « C’est effrayant ! » lance Léon, hilare. « Gruuusig drütuuusig ! » reprend Mateo, amplifiant l’effet. « Chut ! » siffle la mère. « On ne dit pas ça. Vous aimez le chou. » « Non ! » protestent les deux garçons en chœur.

La mère, dépassée, ne discute pas. Elle revoit mentalement sa liste de courses : crème, fromage, café, liquide vaisselle… et du pain ! Elle saisit Léon d’une main, le caddie de l’autre, et se précipite vers le rayon des pains. Le choix est vaste : zopf, St. Gallerbrot, épelé… et une couronne croustillante attire son attention. En la saisissant, elle remarque un silence inhabituel autour d’elle. En se retournant, elle comprend pourquoi : la voiture a disparu, emportant avec elle ses deux garçons. Paniquée, elle lève les yeux et voit Léon prendre le volant. « Léon ! Arrête, arrête ! » crie-t-elle en courant vers la voiture. Lorsqu’elle l’atteint et l’immobilise, Léon éclate en sanglots. « Qu’est-ce qui ne va pas ? » demande-t-elle. Mais les larmes de Léon rendent toute communication impossible. Frustré, il s’enfuit vers le rayon des surgelés.

Il s’arrête devant les seaux de glace. Sa mère le rattrape, essoufflée. « Non, pas de glace maintenant, il fait trop chaud ! » dit-elle. Mais ces mots ne font qu’aggraver la crise de Léon, qui commence à frapper la vitre avec ses petits poings. La mère tente de calmer ses poings, mais réalise qu’elle tient toujours la couronne croustillante. Elle la pose, s’accroupit et tente de rassurer Léon. Elle lui parle, le prend dans ses bras jusqu’à ce qu’il se calme et se contente de renifler. Finalement, il rit à nouveau.

La mère peut enfin ramener ses garçons et son caddie au rayon des produits laitiers. Il ne reste plus qu’à trouver une place pour la couronne croustillante… sur la vitre du congélateur, juste au-dessus de la glace.

Des histoires inventées, mais des images réelles : c'est ainsi que les marchandises finissent au mauvais endroit dans le supermarché.

Titre de cette nature morte : Pain sur glace.Image: watson/aylin erol

Et que s’est-il passé ici ?

Des histoires inventées, mais des images réelles : c'est ainsi que les marchandises finissent au mauvais endroit dans le supermarché.

Quelqu’un souhaite-t-il produire des glaces énergétiques de manière indépendante ?Image: watson/aylin erol

Un samedi après-midi gris. Ni chaud, ni froid. Le ciel menaçait de pluie toute la journée. Nino et Alex s’ennuyaient. Tout ce qui est amusant coûte cher ou nécessite une voiture. Logiquement, les deux adolescents de 15 ans n’ont pas encore leur permis. Ils s’assoient donc sur un banc du cimetière et tirent à tour de rôle sur un joint, jusqu’à ce qu’ils rient. Et encore un peu, jusqu’à ce que leur bouche soit sèche et leur estomac gargouille. « On va chez Coop », dit Nino. Alex hoche la tête.

Arrivés au supermarché, ils ne prennent pas de panier, mais remplissent leurs bras de chips, de chocolat et de Redbull. Sur le chemin de la caisse, ils passent devant les étagères du congélateur. « Waouh, une pizza ! » s’exclame soudain Alex et s’arrête. Nino en prend deux paquets : « On pourra les préparer à la maison. Mes parents ne sont pas là. » Ensuite, ils se dirigent vers la caisse automatique. Après avoir scanné tous les produits, l’écran affiche : 27,20 francs. « Merde, pourquoi les chips sont-elles si chères ? » s’exclame Nino. « Non, mec, pourquoi la pizza est-elle si chère ? » dit Alex. Ils comptent leur argent et arrivent à 17,50 francs.

« On pourrait voler des jetons », dit Nino, à voix basse. Mais le caissier d’à côté l’entend et lui lance un regard noir. « C’était juste pour rire », s’excuse Alex, embarrassé. Voler n’est donc pas envisageable. Plan B : calculer. Ils font les courses : 3,40 francs pour deux Redbulls, 5,95 francs pour le gros paquet de chips, 1,95 franc pour le chocolat, 15,90 francs pour les pizzas surgelées. « Attends une minute ! » crie Alex. « Il y a deux pizzas dans un seul paquet. On n’a pas besoin de quatre. » « Tu es un génie ! » s’exclame Nino et retire un paquet de pizza surgelée de l’addition. Il en reste désormais pour 19,25 francs. Encore trop.

Les deux se creusent la tête, discutant de ce dont ils peuvent le mieux se passer. Ils sortent la calculatrice de leur téléphone portable. Finalement, ils arrivent à la conclusion : « On peut partager un Redbull. » Pendant qu’Alex paie, Nino entreprend de remettre la pizza surgelée et la boisson énergisante à leur place. Il pousse négligemment le paquet de pizza dans l’étagère du congélateur. Puis il regarde avec agacement la canette qu’il tient à la main. Pour la remettre à sa place, il devrait retraverser tout le magasin. Il n’en a pas envie. Alors il ouvre rapidement la porte vitrée la plus proche et jette la canette à l’intérieur. Et ainsi, le Redbull se retrouve avec des ananas congelés.

Des histoires inventées, mais des images réelles : c'est ainsi que les marchandises finissent au mauvais endroit dans le supermarché.

Nom de cette nature morte : Redbull embrasse l’ananas.Image: watson/aylin erol

Espérons que les employés retrouveront bientôt la canette avant qu’elle ne gèle et n’explose.

C’est maintenant à votre tour, chers utilisateurs :
Quelles décisions ont conduit à l’image suivante ?

Des histoires inventées, mais des images réelles : c'est ainsi que les marchandises finissent au mauvais endroit dans le supermarché.

Nom de cette nature morte : Iced Tea Meets Bulbasaurus.Image: watson/ anna rothenfluh

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