Publié le 24 février 2024 à 10h30. Un joueur de Steam a accumulé plus de 2 000 heures de jeu en seulement deux semaines, soulevant des questions sur les pratiques et les mécanismes de la plateforme. Cette accumulation d’heures, bien au-delà de ce qu’un joueur pourrait raisonnablement atteindre, révèle l’existence de méthodes de “farming” et d’optimisation peu conventionnelles.
- Un utilisateur de Steam a enregistré plus de 2 000 heures de jeu en 14 jours, un chiffre physiquement impossible à atteindre en jouant continuellement.
- Ce phénomène est principalement lié à des jeux de type “clicker” conçus pour générer des objets virtuels vendables sur le marché communautaire.
- L’utilisation de programmes “inactifs” simulant l’activité du joueur pour obtenir des cartes à collectionner contribue également à gonfler les statistiques de temps de jeu.
Selon les données officielles de Valve, un membre de la communauté Steam a joué plus de 2 000 heures au cours des deux dernières semaines. Un exploit qui défie toute logique, car même en jouant sans interruption, il est impossible d’atteindre un tel total : 14 jours représentent un maximum de 360 heures. Cette anomalie a interpellé les utilisateurs sur les forums de la plateforme, qui se demandent comment une telle prouesse est possible.
Il ne s’agit pas d’une erreur de la plateforme ni d’une tentative de triche, mais d’une pratique parfaitement légale, selon Valve. Deux explications principales émergent pour comprendre ce phénomène.
Les jeux controversés et le “farming” de récompenses
La première explication concerne les jeux de type “clicker”, comme “Banana”, lancé sur Steam il y a environ un an et demi. Ces jeux, plus proches d’un outil de “farming” que d’un véritable divertissement, permettent aux joueurs de recevoir des objets virtuels (dans le cas de “Banana”, des peaux de banane) en les laissant fonctionner en arrière-plan. Ces objets peuvent ensuite être vendus sur le marché communautaire, générant ainsi un revenu, même minime.

Le compte à l’origine de la discussion compte plusieurs jeux de type “clicker” parmi ses titres les plus joués.
De nombreux jeux similaires à “Banana” ont vu le jour, souvent créés à l’aide d’images générées par l’intelligence artificielle. Leur modèle économique repose sur la promesse de gains faciles, incitant les utilisateurs à lancer plusieurs de ces titres simultanément pour maximiser leurs chances de recevoir des objets de valeur. Dans certains cas, ces pratiques sont automatisées par des robots.
L’accumulation d’heures via les cartes à collectionner
Une autre méthode consiste à utiliser des programmes “inactifs” qui simulent l’activité du joueur afin d’obtenir des cartes à collectionner Steam. Ces cartes, obtenues après avoir passé un certain temps sur un jeu, peuvent également être vendues sur le marché communautaire.

Les cartes à collectionner sont vendues sur le marché de la communauté Steam.
Le système de calcul du temps de jeu de Steam, qui additionne simplement les heures passées sur chaque titre individuellement, permet à ces utilisateurs d’accumuler des statistiques impressionnantes. Lancer 20 “clickers” pendant 10 heures par jour se traduit par un total de 200 heures enregistrées sur la plateforme.
Bien que l’utilisation de ces programmes “inactifs” ne soit pas explicitement interdite par les conditions d’utilisation de Steam, elle reste une zone grise. Les gains potentiels sont faibles (environ 0,25 euro par jeu), mais peuvent être intéressants lors des promotions. Valve n’a pas encore pris de mesures pour contrer ces pratiques, qui gangrènent la plateforme depuis un an et demi.
En fin de compte, ces situations sont le résultat de la complexité des systèmes mis en place par Valve et de la volonté de certains utilisateurs de tirer profit de ces mécanismes. Si rien ne contrevient aux règles de la plateforme, il est légitime de s’interroger sur la pertinence de séparer l’expérience de jeu de la recherche de gains financiers.
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