De plus en plus de Français ont pris en main leur santé en 2024 en accédant à leurs dossiers médicaux en ligne, une tendance qui s’accélère et qui offre aux patients un contrôle accru sur leurs soins. Cette adoption croissante, facilitée par les portails patients et les applications mobiles, transforme la relation entre les soignés et le système de santé.
Selon une récente analyse des données de l’Enquête sur les tendances nationales en matière d’information sur la santé (HINTS 7), 77 % des personnes interrogées se sont vues proposer un accès en ligne à leurs informations de santé en 2024, contre 73 % en 2022. Plus de six Français sur dix (65 %) ont effectivement consulté leurs dossiers en ligne au cours de l’année écoulée, une augmentation significative par rapport aux 57 % enregistrés en 2022. L’accès pour les aidants ou mandataires a également plus que doublé en quatre ans, passant de 24 % en 2020 à 51 % en 2024.
Cette tendance est particulièrement marquée chez les personnes atteintes de maladies chroniques ou ayant reçu un diagnostic récent de cancer. En 2024, 69 % des patients souffrant d’une maladie chronique et 76 % des personnes récemment diagnostiquées d’un cancer ont consulté leurs informations de santé en ligne. Ces patients utilisent fréquemment les portails patients pour consulter les résultats d’examens, prendre connaissance des notes de leurs médecins, échanger avec leurs soignants ou partager des informations avec leur entourage.
L’utilisation des dossiers médicaux en ligne devient également plus régulière. Environ un tiers des individus (34 %) sont désormais des utilisateurs fréquents, consultant leurs dossiers au moins six fois par an, contre seulement 15 % avant la pandémie en 2019. Les personnes atteintes de maladies chroniques (38 %) et celles ayant reçu un diagnostic récent de cancer (54 %) sont les plus assidues. Ces chiffres suggèrent que l’accès régulier aux dossiers médicaux est essentiel pour la gestion de la santé personnelle.
Les fonctionnalités les plus populaires des portails patients sont la consultation des résultats d’analyses de laboratoire (90 % des utilisateurs) et la lecture des notes cliniques (80 %). Plus des trois quarts des patients utilisent également ces plateformes pour envoyer des messages à leurs médecins (79 %) ou prendre des rendez-vous (77 %).
Si les fonctionnalités de téléchargement (32 %) et de transmission (21 %) d’informations à des tiers sont moins utilisées, il n’est pas toujours clair si cela est dû à un manque de besoin ou à une disponibilité limitée. Les enquêtes auprès des hôpitaux montrent que ces capacités sont de plus en plus proposées, ce qui suggère que la faible utilisation pourrait refléter un manque de demande. La possibilité d’ajouter des informations au dossier médical est encore moins courante et contribue également à une utilisation limitée.
Au-delà de la gestion des maladies chroniques, les patients utilisent les outils en ligne pour la prévention, en se tenant informés des rendez-vous annuels et des dépistages recommandés. Une étude récente a démontré que les utilisateurs de portails patients sont plus susceptibles d’être conscients de l’importance des dépistages du cancer du sein.
Pour garantir un accès équitable, il est crucial de surmonter les obstacles liés à la fracture numérique et d’améliorer l’activation des portails patients. L’amélioration continue de l’accès et des fonctionnalités offertes par les portails patients et les applications mobiles est essentielle pour permettre à chacun de gérer sa santé de manière proactive et éclairée.
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