Publié le 16 janvier 2024 16:30:00. Près des trois quarts des proches aidants de patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire souffrent de détresse psychologique, révèle une étude chinoise. Cette recherche met en lumière le fardeau émotionnel important que supportent ces accompagnants et souligne la nécessité de mieux les soutenir.
- Environ 74,4 % des aidants familiaux de patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire présentent des signes de détresse psychologique.
- Le manque d’expérience en matière de soins, une faible estime de soi, une résilience familiale limitée et la lourdeur de la charge de travail sont des facteurs clés contribuant à cette détresse.
- Les chercheurs proposent un modèle (ABCDE) pour mieux comprendre les facteurs influençant le bien-être psychologique des aidants.
Le rôle des proches aidants est crucial dans la prise en charge des femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire. Ils assurent un soutien physique, émotionnel et logistique tout au long du parcours thérapeutique. Cependant, une nouvelle étude menée par une équipe de chercheurs chinois révèle que cette responsabilité s’accompagne d’un coût psychologique significatif.
L’étude, publiée dans le Journal européen des soins infirmiers en oncologie, a utilisé une approche mixte combinant données quantitatives et qualitatives. Les chercheurs ont cherché à comprendre en profondeur le fardeau pesant sur les aidants et son impact sur leur santé mentale et leur capacité à faire face à la détresse. Ils ont notamment utilisé le modèle de stress familial ABC-X pour analyser les données.
Entre novembre 2022 et mai 2023, les chercheurs ont recueilli des données auprès de 270 aidants familiaux par le biais d’un échantillonnage de commodité. Par la suite, entre juin et août 2023, 14 participants ont été sélectionnés pour des entretiens semi-structurés, en utilisant une stratégie d’échantillonnage raisonné à différence maximale, afin d’approfondir leur expérience.
L’analyse des données a révélé que sur 258 aidants interrogés, 74,4 % ressentaient une détresse psychologique liée à la prise en charge de leur proche. Des analyses de régression ont mis en évidence l’importance de plusieurs facteurs : le manque d’expérience en matière de soins, une faible auto-efficacité, une résilience familiale limitée et la lourdeur de la charge de travail.
Les entretiens ont confirmé le niveau élevé de détresse psychologique, qui variait d’un individu à l’autre et était influencé par des éléments tels que le soutien social, l’état de santé du patient, le fardeau des soins et la capacité d’adaptation de l’aidant.
Pour synthétiser leurs résultats, les chercheurs ont élaboré un acronyme, ABCDE, représentant les principaux facteurs influençant la détresse psychologique des aidants : Assistance, Fardeau, Condition (du patient), Détermination et Émotion. Cet acronyme est associé à trois thèmes sous-jacents.
Les chercheurs concluent que le niveau de détresse psychologique chez les aidants familiaux de patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire est élevé. Ils suggèrent que les futures recherches devraient se concentrer sur la réduction de la charge de travail et le développement d’interventions visant à renforcer la résilience et l’auto-efficacité des familles.
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