Home AffairesComment l’intelligence artificielle va-t-elle changer les règles de l’investissement en 2026 ?

Comment l’intelligence artificielle va-t-elle changer les règles de l’investissement en 2026 ?

by Amélie Bernard

Publié le 30 août 2024. Les investisseurs se préparent à un bouleversement majeur en 2026 : l’évaluation des entreprises ne se fera plus sur leur capacité à *développer* l’intelligence artificielle, mais sur leur aptitude à l’utiliser pour optimiser leurs opérations et réduire leurs coûts.

  • En 2026, les critères d’évaluation des entreprises pourraient basculer vers l’efficacité opérationnelle grâce à l’IA.
  • Goldman Sachs et d’autres institutions financières réorientent leurs outils d’analyse en conséquence.
  • Les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre sont particulièrement concernés par ce changement.

Les marchés financiers sont en pleine mutation. Après deux années d’euphorie boursière, notamment pour des entreprises comme Nvidia, les grandes institutions d’investissement, à commencer par Goldman Sachs, repensent leurs méthodes d’évaluation. L’attention se déplace désormais des entreprises qui créent l’intelligence artificielle (IA) vers celles qui savent l’intégrer efficacement pour améliorer leur rentabilité et réduire leurs dépenses.

Selon les analyses de Goldman Sachs, l’année 2026 marquera un tournant décisif. Les investisseurs ne chasseront plus les actions des entreprises d’infrastructure IA, mais celles qui en tirent des bénéfices opérationnels concrets. Cette évolution est d’autant plus notable que, malgré un engouement médiatique important, peu d’entreprises ont pour l’instant chiffré l’impact réel de l’IA sur leurs résultats.

Un rapport de Benzinga, daté du 17 novembre, révèle que 47 % des sociétés du S&P 500 ont évoqué l’intelligence artificielle lors de leurs conférences téléphoniques sur les résultats du troisième trimestre. Cependant, seule une minorité a présenté des données précises sur l’amélioration de la productivité ou des bénéfices. Celles qui l’ont fait, comme Service Now et CH Robinson, ont constaté une augmentation immédiate de leurs marges opérationnelles, confirmant ainsi la conviction des investisseurs que la véritable valeur de l’IA réside dans l’optimisation des processus et non dans la simple vente de technologies.

Goldman Sachs souligne un décalage significatif entre le battage médiatique autour de l’IA et les résultats concrets obtenus par les entreprises. La plupart des discours restent théoriques, tandis que la valeur réelle se trouve dans les organisations qui ont su intégrer les technologies intelligentes dans leurs activités quotidiennes. Ces entreprises, en particulier celles des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre, devraient être les principaux moteurs de la prochaine vague de croissance, grâce à l’automatisation et à la réduction des coûts.

Nouvelles règles d’investissement

Les analyses de Benzinga prévoient que 2026 sera l’année d’un changement fondamental dans les stratégies d’investissement. L’intérêt se détournera des entreprises construisant l’infrastructure de l’IA pour se concentrer sur celles qui en retirent des gains opérationnels directs. Les investisseurs recherchent désormais trois avantages clés : la réduction des coûts de main-d’œuvre grâce à l’automatisation intelligente, l’amélioration de l’efficacité des chaînes d’approvisionnement grâce à des algorithmes de prévision de la demande, et le développement de services numériques sans augmentation proportionnelle du personnel.

Cette transformation indique que l’IA n’est plus seulement un sujet technique, mais un indicateur de la viabilité des entreprises et de leur capacité à opérer une transformation opérationnelle tangible.

Goldman Sachs identifie trois critères essentiels pour les entreprises susceptibles de mener la prochaine vague d’investissement : appartenir au quartile supérieur en termes de coûts de main-d’œuvre par rapport au chiffre d’affaires, avoir un pourcentage élevé de tâches automatisables au sein de leurs fonctions internes, et avoir abordé, en 2025, les applications de l’IA en termes d’augmentation de la productivité, et non comme un simple argument marketing.

Ces critères redéfinissent les préférences des principaux fonds d’investissement. Goldman Sachs anticipe que la prochaine vague de croissance proviendra des secteurs de la finance, des services professionnels et des soins de santé techniques – des domaines qui n’étaient pas au premier plan de la révolution de l’IA au cours des deux dernières années, mais qui se préparent à devenir des moteurs majeurs de la rentabilité en 2026.

Les principaux bénéficiaires potentiels de l’intelligence artificielle

Les rapports financiers américains suggèrent que les secteurs bancaires, avec des entreprises comme Bank of America, KCorp, PNC et Zion Bancorp, pourraient être parmi les premiers bénéficiaires de cette vague. L’IA devrait réduire les coûts d’exploitation des unités de traitement des données, de la vérification d’identité et des réponses automatisées, améliorant ainsi les marges dans un secteur confronté à une rentabilité en baisse.

Le secteur des services numériques et du conseil, avec des acteurs tels qu’Accenture, Cognizant et IBM, est également bien positionné, ayant déjà intégré l’automatisation intelligente dans leurs opérations internes et étendu leurs offres de services externes. Les sociétés de services financiers aux consommateurs, comme H&R Block et Rocket Finance, pourraient également connaître une transformation radicale de leur modèle économique, grâce à la possibilité de remplacer une partie importante de leur main-d’œuvre par des solutions d’IA. Enfin, les entreprises spécialisées dans la science des données et la santé, telles que Viva Systems, IQVII et Certara, pourraient tirer parti de l’IA pour optimiser la gestion des essais cliniques, la simulation et l’analyse des données médicales.

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