Publié le 25 novembre 2025 à 11h37. Une vaste étude révèle un lien surprenant entre les épisodes de zona et un risque accru de démence, ouvrant de nouvelles pistes pour la prévention de cette maladie neurodégénérative.
- Les personnes ayant subi plusieurs épisodes de zona présentent un risque de démence significativement plus élevé que celles n’en ayant eu qu’un seul.
- La vaccination contre le zona, en particulier avec le vaccin Shingrix, pourrait offrir une protection contre le développement de la démence.
- Les mécanismes biologiques reliant le zona à la démence restent à élucider, mais l’inflammation et la réponse immunitaire pourraient jouer un rôle clé.
Une étude d’envergure, publiée dans la revue spécialisée Médecine naturelle, apporte de nouvelles preuves quant à l’impact du zona sur la santé cérébrale. L’analyse des données de plus de 100 millions de personnes aux États-Unis entre 2007 et 2023 a révélé une corrélation significative entre les épisodes de zona et un risque accru de démence dans les années qui suivent.
Les chercheurs ont constaté que le risque de démence était inférieur de 27 à 33 % chez les personnes vaccinées contre le zona, comparé à celles qui ne l’étaient pas. Plus précisément, ceux qui avaient connu plusieurs épisodes de zona présentaient un risque de démence de sept à neuf pour cent plus élevé, trois à neuf ans après la deuxième épidémie, par rapport à ceux qui n’en avaient eu qu’un seul.
Le zona est causé par la réactivation du virus varicelle-zona, le même virus responsable de la varicelle chez l’enfant. Ce virus reste dormant dans le système nerveux et peut se réactiver avec l’âge. Selon le professeur Pascal Geldsetzer, de l’université de Stanford et co-auteur de l’étude, le système immunitaire parvient souvent à contenir le virus, mais parfois, « il est complètement réactivé », entraînant les symptômes caractéristiques du zona : brûlures, picotements, cloques douloureuses et éruption cutanée.
L’étude a comparé l’efficacité de deux vaccins : Shingrix, un vaccin plus récent contenant des fragments inactivés du virus, et Zostavax, un vaccin plus ancien à base de virus vivant atténué. Les résultats suggèrent que Shingrix, avec ses deux doses, offre une meilleure protection contre la réactivation du virus et, potentiellement, contre la démence.
Plusieurs hypothèses sont envisagées pour expliquer ce lien entre le zona et la démence. Une théorie suggère que le virus varicelle-zona, même en l’absence de symptômes apparents, pourrait agir directement sur les zones du cerveau impliquées dans la démence. Une autre piste concerne la réponse inflammatoire du corps à l’infection et ses effets potentiellement néfastes sur le cerveau.
« Ce n’est donc pas nécessairement que le virus lui-même attaque directement les cellules du cerveau, mais que la réponse inflammatoire à la présence de ce virus pose des problèmes. »
Anupam Jena, interniste au Massachusetts General Hospital
Les chercheurs soulignent que la démence est une maladie complexe influencée par de nombreux facteurs, notamment la génétique, l’environnement et les infections virales. Bien que les résultats de cette étude soient prometteurs, il est important de noter que les mécanismes biologiques précis reliant le zona à la démence restent à déterminer.
Les vaccins contre le zona sont déjà recommandés aux personnes âgées de plus de 50 ans et aux personnes immunodéprimées. Certains médecins envisagent désormais de discuter des bénéfices potentiels de la vaccination contre le zona en matière de prévention de la démence avec leurs patients.
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Patrick Schwab, auteur principal de l’étude et directeur principal de l’apprentissage automatique et de l’intelligence artificielle chez GSK, une société biopharmaceutique, souligne l’importance de mieux comprendre si le virus varicelle-zona contribue à la neurodégénérescence afin de développer de meilleurs traitements contre la démence.
L’étude a révélé que les personnes ayant reçu deux doses de Shingrix présentaient un risque de démence inférieur de 18 % cinq ans après la vaccination, par rapport à celles ayant reçu une seule dose de Zostavax. Les femmes de plus de 50 ans ayant reçu Zostavax présentaient un risque de démence inférieur de 35 % trois ans après la vaccination, tandis que celles âgées de 80 à 89 ans ayant reçu deux doses de Shingrix affichaient une réduction du risque de 39 % sur la même période.
Les chercheurs précisent que l’étude ne mesurait que les cas de zona diagnostiqués dans les dossiers médicaux, ce qui représente une estimation de la réactivation globale du virus.
Akilah Johnson, journaliste au Washington Post, a mené cette enquête sur l’impact du racisme et des inégalités sociales sur la santé. Elle a rejoint le Washington Post en 2021 après avoir travaillé chez ProPublica, où elle a remporté plusieurs prix pour son travail.
Cet article a été publié pour la première fois en anglais le 9 novembre 2025 sur Washingtonpost.com, dans le cadre d’un partenariat avec les portails IPPEN.MEDIA.
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