Home MondeCondamnation contre Uribe pour corruption et fraude procédurale révoquée – DW – 21/10/2025

Condamnation contre Uribe pour corruption et fraude procédurale révoquée – DW – 21/10/2025

by Clara Dubois

Publié le 21 octobre 2025 à 16h16. L’ancien président colombien Álvaro Uribe Vélez a vu sa condamnation pour corruption et fraude procédurale annulée par le Tribunal supérieur de Bogotá, relançant un débat passionné sur son passé et ses liens présumés avec des groupes paramilitaires.

  • Le Tribunal supérieur de Bogotá a révoqué la condamnation d’Álvaro Uribe pour corruption et fraude procédurale.
  • La décision est basée sur des « erreurs méthodologiques » dans le jugement de première instance concernant des pressions exercées sur des témoins.
  • L’accusation peut faire appel de cette décision devant la Cour suprême de justice.

Un rebondissement majeur dans l’affaire qui secoue la Colombie depuis des années. Le Tribunal supérieur de Bogotá a annulé ce mardi la condamnation de l’ancien président Álvaro Uribe Vélez, 73 ans, pour corruption et fraude procédurale. Cette décision intervient dans le cadre d’une enquête portant sur des allégations de pressions exercées sur des témoins dans le but de dissimuler des liens entre l’ancien chef de l’État et des groupes paramilitaires d’autodéfense.

Uribe, figure emblématique de la droite colombienne, avait été le premier ancien président du pays à être condamné pénalement et à faire face à une peine maximale pour ces accusations. Il avait été initialement condamné à 12 ans d’assignation à résidence, une sentence contre laquelle sa défense avait fait appel. Si la peine d’assignation à résidence n’a pas encore été officiellement annulée, cette décision du Tribunal supérieur représente un revirement significatif dans cette affaire complexe.

Le juge Manuel Antonio Merchán a justifié cette annulation en affirmant que la culpabilité d’Uribe n’avait pas été prouvée de manière convaincante.

« Il n’a pas été prouvé, directement ou indirectement, qu’Álvaro Uribe ait été l’instigateur du délit de corruption dans le cadre d’une procédure pénale »

Manuel Antonio Merchán, juge du Tribunal supérieur de Bogotá

Par conséquent, le tribunal a estimé qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour maintenir la condamnation.

L’affaire concerne des pressions alléguées exercées sur Carlos Enrique Vélez, Eurídice Cortés et, plus particulièrement, sur Juan Guillermo Monsalve, un ancien paramilitaire emprisonné considéré comme un témoin clé. Monsalve avait accusé Uribe d’avoir favorisé la création du bloc métro des Forces unies d’autodéfense de Colombie (AUC), un groupe paramilitaire, et avait affirmé que Diego Cadena, l’avocat d’Uribe, l’avait incité à rétracter ses déclarations contre l’ancien président dans le cadre d’une affaire l’opposant au sénateur de gauche Iván Cepeda.

Après un examen approfondi des témoignages de Monsalve, le Tribunal supérieur a conclu que le jugement de première instance avait été entaché d’« erreurs méthodologiques, d’erreurs d’interprétation et d’une évaluation biaisée des preuves ». Le tribunal a souligné que les inférences tirées par le premier jugement manquaient de fondement objectif.

« En conséquence, le Tribunal conclut que la responsabilité n’a pas été prouvée au-delà de tout doute raisonnable et révoque la peine prononcée contre Álvaro Uribe Vélez dans cet événement (affaire Monsalve) »

La décision du Tribunal supérieur ouvre la voie à un possible appel devant la Cour suprême de justice. L’issue de cette affaire continue de susciter une vive attention en Colombie, où elle divise profondément l’opinion publique.

Uribe salue ses partisans après avoir été libéré de son assignation à résidence à Sabaneta, Antioquia (20/08/2025)
Uribe salue ses partisans après avoir été libéré de son assignation à résidence à Sabaneta, Antioquia (20/08/2025)Image : Jaime Saldarriaga/AFP

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