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Confiance et IA dans les soins de santé : à la croisée des chemins, selon Edelman

L’enthousiasme pour l’intelligence artificielle (IA) ne se traduit pas automatiquement par une adhésion généralisée, révèle une étude récente. Si le secteur technologique bénéficie d’une confiance globale, l’IA peine à convaincre, notamment aux États-Unis où le rejet de son…

Confiance et IA dans les soins de santé : à la croisée des chemins, selon Edelman

L’enthousiasme pour l’intelligence artificielle (IA) ne se traduit pas automatiquement par une adhésion généralisée, révèle une étude récente. Si le secteur technologique bénéficie d’une confiance globale, l’IA peine à convaincre, notamment aux États-Unis où le rejet de son développement dépasse largement l’intérêt.

Réalisée en octobre 2025 par Edelman, l’enquête a sondé plus de 1 000 personnes dans cinq pays – Brésil, Chine, Allemagne, Royaume-Uni et États-Unis – et met en lumière un paradoxe : l’adoption de l’IA est inférieure à l’intérêt qu’elle suscite. Les Américains sont ainsi deux fois plus nombreux à exprimer des réserves quant à son essor qu’à l’accueillir favorablement.

Au-delà de cette méfiance générale, l’étude identifie quatre facteurs clés qui influencent l’acceptation de l’IA. Le premier, déjà évoqué, est le rejet qui prédomine sur l’enthousiasme. Ensuite, l’innovation n’est pas toujours perçue positivement, comme l’illustrent les débats autour de l’énergie verte ou des organismes génétiquement modifiés (OGM). De plus, la confiance accordée à l’IA reste inférieure à celle accordée à la technologie en général. Enfin, les habitants des pays les plus riches se montrent plus sceptiques que ceux des pays en développement.

L’étude révèle également des disparités sectorielles. Les employés du secteur technologique et des services financiers sont plus enclins à accepter l’IA sur leur lieu de travail. En revanche, dans le domaine de la santé, le rejet est légèrement supérieur à l’adoption (33 % contre 31 %). Ce secteur, pourtant en première ligne dans l’intégration de l’IA – des prestataires de soins aux compagnies d’assurance, en passant par les laboratoires pharmaceutiques et les applications de santé personnelle – est paradoxalement confronté à une anxiété croissante de la part des citoyens.

Selon Edelman, la confiance est un facteur déterminant dans l’adoption de l’IA, plus important que la motivation, l’accès ou la crainte. Un fossé important existe entre la méfiance envers l’IA et la volonté de la laisser gérer les soins de santé : à l’échelle mondiale, seulement 12 % des personnes se disent à l’aise avec cette perspective, contre 67 % pour celles qui font confiance à l’IA.

Une autre enquête, menée par Harris Poll et publiée le 24 novembre, confirme cette tendance. Elle met en évidence une « ère de dissonance », caractérisée par un mélange d’espoir et d’inquiétude face à l’IA, notamment en ce qui concerne l’avenir de l’emploi. La génération Z est particulièrement préoccupée : 65 % des jeunes consommateurs expriment une « FOBO » (Fear Of Becoming Obsolete – peur de devenir obsolète), et près de la moitié estiment que leurs études ne sont plus pertinentes face aux exigences du marché du travail.

Dans le secteur de la santé, les facteurs sociaux – cohésion sociale, solitude, sécurité financière et alimentaire – jouent un rôle crucial dans la perception de l’IA. Pour que l’adoption de l’IA se fasse en douceur, les organisations doivent donc miser sur la confiance, l’équité et l’empathie, en s’appuyant sur des interlocuteurs de confiance au niveau local : employeurs, communautés religieuses, commerces de proximité, centres communautaires et établissements d’enseignement.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.