Home NouvellesConflit sur les retraites : le chef des Verts, Brantner, accuse le syndicat Junger de motivations « malhonnêtes » – de nouvelles prévisions sur les retraites rendues publiques

Conflit sur les retraites : le chef des Verts, Brantner, accuse le syndicat Junger de motivations « malhonnêtes » – de nouvelles prévisions sur les retraites rendues publiques

by Nicolas Lefèvre

Publié le 19 novembre 2025 à 05h22. La réforme des retraites portée par le gouvernement allemand est au cœur d’une crise au sein de la coalition, avec des accusations de mauvaise foi et des divergences profondes sur son équité intergénérationnelle.

  • Franziska Brantner, dirigeante des Verts, accuse la Junge Union de motivations cachées dans son opposition au projet de réforme.
  • Les jeunes du SPD défendent le plan gouvernemental, dénonçant une « étiquette frauduleuse » d’équité générationnelle utilisée par la Junge Union.
  • De nouveaux calculs prévoient une augmentation moyenne de 2,8 % par an des pensions légales au cours des prochaines années.

La réforme des retraites, censée être adoptée au Bundestag en décembre, est menacée par le refus de la Junge Union (JU), l’organisation de jeunes de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et de l’Union chrétienne-sociale (CSU), de soutenir le projet sans modifications. Franziska Brantner, figure de proue des Verts, a vivement critiqué cette attitude, allant jusqu’à accuser la JU de dissimulation.

« Si la Junge Union souhaite que des millions de travailleurs bénéficient à l’avenir d’une retraite de base ou d’une sécurité de base pour la vieillesse, elle doit le dire ouvertement. Il est profondément malhonnête que la Junge Union ne critique ni la pension active coûteuse ni la pension de mère, qui coûte également des milliards. »

Franziska Brantner, dirigeante des Verts

Selon Brantner, la pension de mère représente à elle seule un coût annuel d’environ cinq milliards d’euros, un montant supérieur à celui alloué à la stabilisation du niveau des retraites dans les premières années de la réforme. Elle dénonce également un manque d’équité intergénérationnelle dans le plan proposé par le gouvernement.

« Ce que le gouvernement fédéral présente aujourd’hui fait peser une lourde charge sur les jeunes, alors que d’éventuelles aides sont reportées sine die. C’est tout aussi faux. »

Franziska Brantner, dirigeante des Verts

Les Verts ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne voteraient pas en faveur du projet de loi dans sa forme actuelle. La position de la Junge Union est particulièrement problématique, car sans son soutien, la coalition ne dispose pas d’une majorité assurée au Bundestag. Le point de discorde principal réside dans une clause prévoyant le maintien d’un niveau de retraite supérieur d’environ un point de pourcentage à celui prévu par la législation actuelle, même après 2031.

La tension est également palpable au sein du Parti social-démocrate (SPD). Les jeunes du SPD se sont opposés à la Junge Union, défendant le concept de retraite du gouvernement et dénonçant une « étiquette frauduleuse » d’équité générationnelle. Ils critiquent le modèle proposé par la Junge Union, qui, selon eux, ferait contribuer les jeunes au financement de la stabilisation des retraites sans qu’ils en bénéficient à leur tour.

« Le niveau des retraites devrait à nouveau s’effondrer, comme si la stabilisation n’avait pas eu lieu. »

Députés du SPD

Les jeunes députés du SPD insistent sur le fait que ceux qui cotisent aujourd’hui doivent également bénéficier des garanties offertes par la réforme. Ils affirment : « Si, en tant que jeunes, nous payons, nous voulons aussi obtenir quelque chose. »

Parallèlement à ces tensions politiques, de nouveaux calculs révèlent que les pensions légales devraient augmenter en moyenne de 2,8 % par an dans les années à venir, soit une hausse totale d’environ 47 % d’ici 2039. Une augmentation de 3,7 % des pensions est déjà prévue au 1er juillet 2026. Les recettes des cotisations d’assurance retraite ont augmenté de 5,1 % par rapport à l’année précédente, et la réserve de viabilité s’élève à 41,5 milliards d’euros à la fin de l’année. Le taux de cotisation devrait rester stable à 18,6 % jusqu’en 2027, puis augmenter progressivement pour atteindre 21,2 % en 2039.

Le rapport sur l’assurance retraite, qui sera discuté aujourd’hui au Conseil des ministres, inclut également une estimation des effets du paquet de retraites controversé. Les remboursements fédéraux prévus pour l’extension du maintien du niveau des retraites atteindront environ 100 millions d’euros en 2027, et pourraient atteindre jusqu’à 10,1 milliards d’euros d’ici 2031. À partir de 2032, ces fonds fédéraux représenteraient environ 2,0 % du revenu total de l’assurance retraite et resteraient stables jusqu’en 2039.

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