L’année 2026 s’annonce sous le signe de la prudence pour les établissements de santé, confrontés à des pressions financières croissantes et à une inquiétude grandissante concernant l’accès aux soins pour les patients. Des dirigeants d’hôpitaux et des médecins tirent la sonnette d’alarme face à une possible aggravation des difficultés économiques et à l’impact de la hausse des coûts sur la santé publique.
La flambée de la grippe observée en début d’année, qualifiée de « grippe-pocalypse » par certains, met déjà le système de santé à rude épreuve. Un médecin témoigne avoir passé le jour de l’An à soigner des patients atteints de ce virus, et recommande vivement le port du masque dans les lieux très fréquentés, en particulier pour les personnes à risque.
Au-delà de l’urgence sanitaire, les discussions entre professionnels de santé mettent en lumière des défis structurels. Les hôpitaux sont contraints de maîtriser leurs coûts, notamment en ce qui concerne les patients bénéficiant de l’aide Medicaid et ceux qui ne sont pas assurés. Certains établissements envisagent de sous-traiter des services comme la restauration, une mesure qui, selon un témoignage, a déjà conduit à une réduction drastique des options de repas pour le personnel de nuit.
La revue des prix de tous les postes de dépenses – logiciels, fournitures médicales, entretien des locaux – est devenue une priorité. Un système de santé a même dû renoncer à des conférences et des réunions professionnelles pour ses équipes informatiques, une situation que les dirigeants acceptent, à défaut de mieux.
L’augmentation du coût des assurances inquiète particulièrement les médecins généralistes, qui craignent que de nombreux patients renoncent à se faire soigner, préférant éviter les franchises élevées. « Mieux vaut prévenir que guérir » est un adage qui perd de son sens pour ceux qui n’ont pas les moyens de financer des soins préventifs, illustre une gastro-entérologue en citant le coût d’une coloscopie, qui s’élève à 2 200 $ (environ 1 850 €) dans son centre.
Les fusions et acquisitions devraient se multiplier, les organisations cherchant à renforcer leur position face aux fournisseurs et aux assureurs. Les petits hôpitaux communautaires, en particulier ceux qui n’ont pas de partenaires naturels, pourraient être les plus vulnérables. On s’attend également à une augmentation des ventes de cabinets médicaux à des sociétés de capital-investissement.
Les plans Medicare Advantage continuent de gagner du terrain, s’implantant sur de nouveaux marchés, comme le Wisconsin et le Missouri. Les médecins sont attirés par les perspectives d’emploi et les modèles d’équipe solides, mais restent prudents et recommandent de se renseigner auprès d’anciens collègues.
L’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus adoptée, notamment pour la documentation médicale et la gestion du cycle de revenus. Si les dirigeants restent préoccupés par les risques liés à son utilisation dans la recherche et la planification des traitements, ils reconnaissent son potentiel en termes de réduction des coûts. Un dirigeant a souligné que les outils basés sur l’IA, bien que pas plus performants que le travail humain, sont nettement moins chers, même en externalisation.
Sur le marché des systèmes d’information hospitaliers, Oracle Health/Cerner devrait continuer à perdre du terrain face à Epic. Les petites plateformes, comme Meditech et Altera, semblent pouvoir résister, mais l’avenir de l’espace documentaire ambiant reste incertain, avec une possible consolidation à l’horizon.
Un point positif est souligné : un nouveau programme de résidence en soins primaires a obtenu l’autorisation d’augmenter le nombre de places pour la prochaine promotion. Basé dans un hôpital communautaire, il suscite un vif intérêt auprès des candidats, attirés par la perspective de devenir des généralistes de proximité.
Enfin, un nouveau terme est apparu dans les discussions : le « job hugging », qui décrit les personnes qui restent dans un emploi qu’elles n’aiment pas par peur que la situation ne soit pire ailleurs. Plusieurs participants ont admis ressentir ce phénomène, craignant que d’autres environnements ne soient pas moins toxiques et que les postes de direction soient de plus en plus menacés par des réductions d’effectifs.
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