Une nouvelle étude remet en question les pratiques établies dans le traitement du cancer du sein chez les femmes âgées de 70 ans et plus. Les résultats suggèrent que la chimiothérapie pourrait être bénéfique pour un sous-groupe de patientes présentant des tumeurs de petite taille, contrairement aux recommandations actuelles qui privilégient souvent l’hormonothérapie seule.
L’essai ASTER 70s, une étude de phase 3 d’envergure, a analysé l’impact de la chimiothérapie par rapport à l’hormonothérapie seule chez des femmes de 70 ans ou plus atteintes d’un cancer du sein hormono-dépendant (récepteurs d’œstrogènes positifs) et HER2 négatif. Bien que l’étude n’ait pas révélé de différence significative globale en termes de survie, une analyse plus approfondie a mis en évidence un résultat notable chez les patientes présentant des tumeurs classées pT1 – des tumeurs de petite taille.
Dans ce sous-groupe, la survie globale à 8 ans a été de 76,7 % pour les patientes ayant reçu une chimiothérapie, contre 84,5 % pour celles ayant bénéficié d’une hormonothérapie seule. Ce résultat se traduit par un rapport de risque (HR) de 0,51 (intervalle de confiance à 95 % : 0,27–0,96), ce qui suggère un effet potentiellement positif de la chimiothérapie, en contradiction avec les principes traditionnels de classification du cancer du sein.
Ces données, issues d’une étude historique, pourraient conduire à une réévaluation des stratégies de traitement pour les femmes âgées atteintes de ce type de cancer, en particulier celles présentant des tumeurs de petite taille. À ce stade, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats et déterminer comment les intégrer au mieux dans la pratique clinique.
