Publié le 9 janvier 2026 à 23h10. La course au retour sur la Lune s’intensifie, avec la NASA qui accélère ses ambitions et Blue Origin qui propose une alternative rapide pour l’atterrissage, tandis que la Chine poursuit le développement de ses propres infrastructures lunaires.
- Jared Isaacman a été nommé administrateur de la NASA et a promis de faire atterrir des astronautes sur la Lune avant la fin de 2028, voire plus tôt.
- Blue Origin propose un calendrier accéléré pour son atterrisseur lunaire, éliminant le ravitaillement en orbite et visant un atterrissage en 2028.
- Le Congrès américain a adopté un projet de loi budgétaire augmentant le financement des atterrisseurs lunaires habités, soutenant ainsi les calendriers accélérés de SpaceX et Blue Origin.
L’administration américaine a clairement affiché son ambition de voir des astronautes fouler à nouveau le sol lunaire avant la fin du mandat présidentiel actuel, soit avant janvier 2029. Cette pression politique s’est traduite par la nomination de Jared Isaacman à la tête de la NASA le 18 décembre dernier, accompagnée d’un décret présidentiel faisant du retour sur la Lune d’ici fin 2028 une priorité nationale. Isaacman a pour mission de présenter un plan détaillé dans les 90 jours, capable de surmonter les obstacles potentiels.
Lors d’une interview accordée à Fox News le soir de sa nomination, Isaacman a annoncé que la NASA sélectionnerait l’entreprise qui parviendrait à finaliser son atterrisseur lunaire en premier, confirmant ainsi la compétition directe entre SpaceX et Blue Origin. Il a également exprimé son souhait de dépasser l’échéance de 2028, une ambition jugée irréaliste par certains compte tenu de l’état d’avancement des projets.
Son prédécesseur, Sean Duffy, avait publiquement exprimé des doutes quant à la capacité de SpaceX à avoir son atterrisseur Starship opérationnel pour Artemis III d’ici fin 2028, ouvrant ainsi la voie à une possible collaboration avec Blue Origin. Cette dernière a d’ailleurs présenté à la NASA un calendrier optimisé, basé sur l’élimination du ravitaillement en carburant dans l’espace, permettant un atterrissage habité en 2028.
Selon des informations rapportées début octobre par Eric Berger de arstechnica.com, citant une source gouvernementale anonyme, l’architecture proposée par Blue Origin comprendrait une version modifiée de l’atterrisseur Blue Moon MK1, dotée d’une cabine d’équipage. Cet atterrisseur, de taille comparable au module lunaire Apollo, serait transporté par un véhicule de transport cislunaire vers une orbite lunaire basse (LLO) afin de réduire la consommation de carburant. Après la mission en surface, le MK1 remonterait vers LLO pour être rejoint par un autre transporteur. Ces informations restent toutefois non confirmées par les responsables de Blue Origin et de la NASA.
L’atterrisseur cargo lunaire Blue Moon MK1 est actuellement en phase d’assemblage final dans l’usine de Port Canaveral. Le 15 décembre, Blue Origin a annoncé la réussite des tests d’acceptation du moteur BE-7, qui alimentera l’atterrisseur. Ces tests, d’une durée totale de 290 secondes, ont validé les performances et la stabilité du moteur sur toute sa plage de poussée et avec différents mélanges d’hydrogène liquide et d’oxygène liquide. Le moteur a ensuite été acheminé en Floride pour être intégré à l’atterrisseur.
Une fois terminé, l’atterrisseur sera soumis à des tests de vide thermique au Johnson Space Center de Houston. Blue Origin prévoit ensuite de l’envoyer sur la Lune à bord d’un lanceur New Glenn cette année. La mission cargo Pathfinder MK1-SN001 vise à se poser près du cratère Shackleton, situé au pôle Sud lunaire.
Le 8 janvier, la Chambre des représentants américaine a adopté le projet de loi budgétaire pour l’exercice 2026, qui alloue des fonds à la NASA. Le texte, fruit d’un compromis entre la Chambre et le Sénat, prévoit 2,005 milliards de dollars pour les atterrisseurs lunaires habités, soit 257 millions de dollars de plus que la demande initiale de la Maison Blanche. Ce financement supplémentaire permettra de soutenir les calendriers accélérés de SpaceX et Blue Origin. Le projet de loi doit maintenant être soumis au vote du Sénat.
Parallèlement, la Chine poursuit activement le développement de ses propres infrastructures lunaires. Des images récentes montrent l’avancement des travaux sur la rampe de lancement du complexe 301 du cosmodrome de Wenchang, qui accueillera les lancements des lanceurs CZ-10A et CZ-10. Les paratonnerres sont en cours d’installation et la construction des bâtiments d’assemblage des missiles est presque achevée. Le test d’évasion en vol du lanceur, initialement prévu pour fin 2025, a été reporté à 2026, comme l’indiquent les nouveaux autocollants apposés à Wenchang. Un vol sans pilote du vaisseau Mengzhou vers la station spatiale chinoise CSS est prévu pour la fin de cette année, suivi du premier vol du lanceur CZ-10 à deux étages latéraux en 2027. Le premier vol habité chinois vers la Lune, comparable à la mission américaine Artemis II, est actuellement programmé pour 2028.
Sources d’informations :
https://www.whitehouse.gov/
https://x.com/
https://x.com/
https://latamspace.com/
Sources d’images :
https://www.lightmetalage.com/wp-content/uploads/2019/07/Aldrin_Looks_Back_at_Tranquility_Base_-_GPN-2000-001102.jpg
https://latamspace.com/wp-content/uploads/2025/12/blueorigin_be-7_hotfire_night-scaled-e1766507879279.jpg
https://images-assets.nasa.gov/image/MAF_20251006_MJ2Breakover03/MAF_20251006_MJ2Breakover03~medium.jpg
https://pbs.twimg.com/media/G8R4BRva4AEyTVZ?format=jpg
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