La croissance économique américaine a surpris au troisième trimestre, portée par une dynamique commerciale inattendue et des dépenses soutenues des ménages les plus aisés. Cette performance, bien que robuste, pourrait ne pas se maintenir à long terme, avec un ralentissement anticipé et une dépendance croissante à l’investissement technologique.
Le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis a affiché une croissance annualisée de 4,3 % au troisième trimestre, dépassant les prévisions des économistes qui tablaient sur 3,3 %. Cette forte progression est principalement due à une amélioration significative de la balance commerciale, avec une hausse des exportations de 8,8 % et une baisse des importations de 4,7 %. La contribution nette du commerce extérieur à cette croissance s’élève à 1,6 point de pourcentage.
Au-delà du commerce extérieur, la croissance a été soutenue par une augmentation de 3,5 % des investissements fixes non résidentiels, bien que légèrement inférieure aux attentes. L’investissement résidentiel, en revanche, a continué de baisser, enregistrant une chute de 5,1 % pour le deuxième trimestre consécutif. Les dépenses publiques ont progressé de 2,2 %, tandis que les variations de stocks ont eu un impact négatif, soustrayant 0,22 point de pourcentage à la croissance globale.
Les analystes prévoient un ralentissement marqué de la croissance au quatrième trimestre, en partie en raison des perturbations causées par l’arrêt temporaire de l’administration gouvernementale américaine en octobre. Ils anticipent également une contribution moins importante du commerce extérieur et un tassement des dépenses de consommation.
L’économie américaine présente une structure contrastée, marquée par une disparité croissante entre les ménages. Les 20 % des foyers les plus riches continuent de stimuler la demande grâce à des revenus élevés et une richesse en forte augmentation, tandis que les 60 % les plus modestes sont confrontés à des difficultés financières et à des incertitudes concernant l’emploi et l’inflation. Cette situation explique en partie la persistance des dépenses de consommation malgré un niveau de confiance des consommateurs relativement bas.
Cette tendance se reflète également dans le secteur des entreprises. Si les investissements des entreprises hors secteur technologique ont diminué pendant quatre trimestres consécutifs, signe d’un ralentissement économique, les investissements dans l’informatique et les logiciels ont augmenté de 18 % sur un an, contribuant à un tiers de la croissance du PIB de 2,3 % en glissement annuel. Le gouvernement et les entreprises semblent unis dans leur volonté de prendre l’ascendant dans la course à la domination de l’intelligence artificielle (IA).
Selon les experts, les dépenses des ménages à revenu élevé et l’investissement technologique devraient rester les principaux moteurs de la croissance en 2026. Un retournement du marché boursier, affectant la valeur des actions technologiques, ou un resserrement des conditions de crédit pourraient toutefois modifier cette trajectoire. Les 20 % des ménages américains les plus riches détiennent à eux seuls 70 % de la richesse du pays, et une baisse de leur pouvoir d’achat aurait un impact significatif sur la consommation.
