Publié le 26 janvier 2024. Cuba est confrontée à une épidémie de chikungunya et de dengue, qui, malgré une récente baisse de l’incidence, continue de peser sur un système de santé déjà fragilisé par une crise économique persistante.
- Depuis juillet dernier, plus de 50 000 cas de chikungunya ont été recensés à Cuba.
- Les autorités sanitaires cubaines signalent une diminution de l’incidence du chikungunya, mais la dengue reste stable.
- L’épidémie a causé 55 décès jusqu’à présent, et les groupes vulnérables (femmes enceintes, nourrissons, personnes âgées) sont particulièrement surveillés.
Le ministère de la Santé publique (Minsap) cubain a annoncé avoir enregistré 50 101 cas de chikungunya depuis le début de l’épidémie en juillet dernier. Si l’incidence semble ralentir, la situation reste préoccupante, notamment dans un contexte de difficultés économiques qui entravent la lutte contre les vecteurs de ces maladies.
Selon la vice-ministre de la Santé, Carilda Pena, 48 198 cas sont considérés comme des suspicions cliniques, tandis que 1 903 ont été confirmés par des analyses. Elle a précisé que la semaine dernière a vu une diminution de 955 cas par rapport à la semaine précédente.
« Nous observons une évolution favorable, avec un taux d’incidence de 19,73 pour 29,76 la semaine précédente. »
Carilda Pena, vice-ministre de la Santé
Concernant la dengue, la situation est moins encourageante. L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) PAHO a rapporté que Cuba a accumulé 28 850 cas de dengue depuis le début de l’année jusqu’à mi-décembre, selon les chiffres officiels. La vice-ministre Pena a toutefois souligné une « diminution notable » des cas, avec une baisse de 42,6 % par rapport à la semaine précédente, sans toutefois fournir de chiffres précis.
Au cours de la dernière semaine analysée, 41 personnes se trouvaient dans un état critique ou grave, principalement des enfants de moins de 18 ans. L’épidémie a malheureusement entraîné le décès de 55 personnes à ce jour.
Les autorités sanitaires cubaines insistent sur la nécessité de protéger les groupes les plus vulnérables, notamment les femmes enceintes, les femmes ayant récemment accouché, les nouveau-nés et les nourrissons. Elles recommandent également aux personnes âgées de plus de 65 ans et aux jeunes présentant des comorbidités de consulter un médecin en cas de symptômes. Il est également conseillé aux personnes malades d’éviter de propager l’infection dans leur environnement scolaire et professionnel.
Le gouvernement cubain a officiellement reconnu l’existence d’une épidémie de chikungunya et de dengue le 12 novembre dernier, bien que les premiers cas aient été diagnostiqués dès juillet et que l’augmentation des infections ait été observée en septembre et octobre. Avant cette reconnaissance, le pays avait sollicité une aide internationale, notamment en raison des conséquences de l’ouragan Melisa, qui avait rendu nécessaire l’acquisition de grandes quantités de produits chimiques pour lutter contre les moustiques vecteurs de ces maladies.
Cette épidémie frappe Cuba dans un contexte de crise économique aiguë, qui a exacerbé les problèmes de santé publique et rendu plus difficile la mise en œuvre de mesures de prévention et de contrôle efficaces.
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