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by Sophie Martin

Publié le 26 novembre 2025 13:33:00. Face à une recrudescence des cas de Chikungunya, particulièrement chez les enfants, les autorités cubaines renforcent la surveillance et adaptent les stratégies de soins pédiatriques, en s’appuyant sur des études récentes et l’expertise médicale.

  • Le Chikungunya représente une menace croissante pour la population pédiatrique cubaine, avec un risque de transmission verticale et des complications potentiellement graves chez les nouveau-nés.
  • Un protocole de prise en charge en trois étapes a été élaboré, axé sur l’identification précoce des symptômes, la reconnaissance des signes avant-coureurs et la gestion des patients.
  • Des modèles mathématiques sont utilisés pour anticiper l’évolution de l’épidémie et optimiser les mesures de lutte anti-vectorielle.

Une réunion cruciale s’est tenue hier après-midi, en présence de Miguel Díaz-Canel Bermúdez, Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste et Président de la République, et de Manuel Marrero Cruz, Premier ministre. L’objectif était de faire le point sur la situation épidémiologique et de définir des actions concrètes pour protéger les enfants contre le virus Chikungunya, dont l’incidence est en hausse à Cuba.

Les experts ont présenté des données cliniques récentes et des preuves scientifiques permettant de mieux comprendre le comportement de la maladie et d’adapter les stratégies de prévention et de traitement. L’attention s’est particulièrement portée sur la vulnérabilité des nourrissons et des nouveau-nés, pour lesquels le Chikungunya peut entraîner des complications sévères, voire mettre leur vie en danger.

La docteure Tania Roing Álvarez, responsable du Groupe national de néonatalogie, a souligné l’importance d’une étude approfondie du Chikungunya, inexistante à Cuba avant cette épidémie. Elle a précisé que la transmission peut se faire par piqûre de moustique ou verticalement, de la mère à l’enfant, avec un risque accru si la mère est infectée au moment de l’accouchement. Les manifestations cliniques sont variées, allant de la fièvre à des atteintes neurologiques, dermatologiques, respiratoires, hématologiques, cardiovasculaires et gastro-intestinales.

« Les modèles, qui prennent en compte l’interaction entre les épidémies et les malades, sur la base de l’analyse des données fournies par le ministère de la Santé publique, coïncident avec tout ce qui se passe. »

Raúl Guinovart Díaz, doyen de la Faculté de Mathématiques et d’Informatique de l’Université de La Havane

L’infectiologue pédiatre Ileana Álvarez Lam a détaillé la stratégie de prise en charge, articulée autour de trois axes : l’identification des principales manifestations cliniques selon l’âge, la reconnaissance des signes d’alerte et la mise en place d’un algorithme de traitement adapté aux patients pédiatriques. L’expérience des médecins, en première ligne dans la prise en charge des nourrissons de moins de trois mois, particulièrement vulnérables, a été saluée.

Les familles sont appelées à la vigilance et à consulter rapidement en cas de symptômes inquiétants tels que l’irritabilité, la somnolence, des modifications des selles, un manque d’appétit ou une distension abdominale. Le Dr Yagen Pomares, directeur national des soins de santé primaires au ministère de la Santé publique, a insisté sur la nécessité de garantir des environnements sûrs pour les femmes enceintes, les femmes en post-partum, les nouveau-nés et les nourrissons. Des mesures spécifiques, comme l’admission des femmes enceintes à partir de 37 semaines de gestation dans les foyers maternels et l’administration de Biomodulina t, sont mises en œuvre.

Parallèlement, un suivi quotidien est assuré pour toutes les femmes en post-partum et les nouveau-nés présents dans la communauté, et des groupes d’experts nationaux se rendent dans toutes les provinces pour évaluer le respect des protocoles établis. Dans ce contexte épidémiologique complexe, les modèles mathématiques, présentés par le Dr Raúl Guinovart Díaz, permettent d’interpréter le comportement des arbovirus et d’anticiper les pics épidémiques, soulignant la nécessité de renforcer les mesures de lutte anti-vectorielle.

Le Président Díaz-Canel a réaffirmé la priorité accordée aux actions de prévention et de contrôle pour réduire l’impact de l’épidémie, en appelant à une approche toujours plus intelligente et efficace.

(Tiré de Granma)

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