Publié le 2 décembre 2025 à 11h36. Dan Houser, cofondateur de Rockstar Games et figure emblématique de la série Grand Theft Auto, s’est exprimé avec virulence sur l’intelligence artificielle, la comparant à la maladie de la vache folle et pointant du doigt un manque de discernement chez ceux qui façonnent son avenir.
- Dan Houser critique vivement le développement de l’IA, la jugeant potentiellement autodestructrice.
- Il met en garde contre le risque que les modèles d’IA s’auto-alimentent de leurs propres productions, créant un cercle vicieux de dégradation de l’information.
- Des entreprises comme Disney et Universal engagent déjà des poursuites judiciaires liées à l’utilisation non autorisée de leurs œuvres par des outils d’IA.
L’ancien scénariste en chef de Rockstar, qui a quitté l’entreprise en 2020 pour fonder Absurd Ventures, a partagé ses préoccupations lors d’une récente interview accordée à Virgin Radio Royaume-Uni. Son nouveau roman, A Better Paradise, explore justement les thèmes de l’IA, ce qui explique son intérêt pour cette technologie et ses dangers potentiels.
Houser n’a pas mâché ses mots, estimant que certains acteurs clés du domaine de l’IA ne sont pas les mieux placés pour définir l’avenir de l’humanité et de la créativité.
« Certaines de ces personnes qui tentent de définir l’avenir de l’humanité, de la créativité ou quoi que ce soit, en utilisant l’IA, ne sont pas les personnes les plus humaines ou les plus créatives »,
Dan Houser, cofondateur de Rockstar Games
Il remet en question leur légitimité à prétendre surpasser l’intelligence et la créativité humaines.
Son inquiétude principale réside dans le risque d’une boucle de rétroaction négative où les modèles d’IA, en s’entraînant sur des données générées par eux-mêmes, perdraient en qualité et en pertinence. Il illustre ce phénomène avec une analogie frappante :
« C’est un peu comme lorsque nous nourrissions des vaches avec des vaches et que nous attrapions la maladie de la vache folle. »
Dan Houser, cofondateur de Rockstar Games
Il craint que l’IA ne devienne un simple reflet d’elle-même, incapable de produire des informations nouvelles et fiables.
Cette critique intervient dans un contexte de tensions croissantes concernant l’utilisation de l’IA dans le secteur du divertissement. Des géants comme Disney et Universal ont intenté des actions en justice contre Midjourney, une entreprise spécialisée dans la création d’images par IA, l’accusant d’avoir utilisé et diffusé des personnages issus de leurs films sans autorisation. Disney a également envoyé une mise en demeure à Character.AI, lui demandant de cesser d’utiliser ses personnages protégés par le droit d’auteur.
Parallèlement, l’intégration de l’IA dans les jeux vidéo suscite des débats passionnés. Récemment, Epic Games a été critiqué par certains joueurs pour l’utilisation potentielle d’art généré par l’IA dans Fortnite. Silent Hill: Ascension, une série interactive développée par Genvid, illustre une autre facette de cette tendance, tandis que le PDG de Genvid affirmait que la génération Z apprécie particulièrement les contenus générés par l’IA, une affirmation qui reste controversée.
Photo de Chelsea Guglielmino/Getty Images.
Wesley est directeur des actualités chez IGN. Retrouvez-le sur Twitter à @wyp100. Vous pouvez joindre Wesley à [email protected] ou de manière confidentielle à [email protected].
