Publié le 2024-05-02 10:32:00. Des coupes budgétaires drastiques menacent la lutte contre le VIH et d’autres maladies infectieuses en Argentine, avec une réduction significative des moyens alloués à la prévention, au dépistage et aux traitements.
- La prophylaxie pré-exposition (PrEP) et post-exposition (PPE) sont totalement absentes du budget 2026, malgré leur efficacité prouvée.
- Les achats de préservatifs seront réduits de manière alarmante après 2025, avec une reprise prévue en 2026 bien inférieure aux besoins.
- Le nombre de tests de dépistage rapide du VIH diminuera de près de 50 % d’ici 2026, compromettant la détection précoce et le principe « Indétectable = Intransmissible ».
L’Argentine pourrait reculer dans sa lutte contre le VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles (IST) en raison de coupes budgétaires sévères prévues pour 2026. Un rapport alarmant met en évidence la disparition des financements pour des outils de prévention essentiels, ainsi qu’une réduction drastique des moyens alloués au diagnostic et aux traitements.
L’absence de mention de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) et de la prophylaxie post-exposition (PPE) dans le projet de budget 2026 est particulièrement préoccupante. Ces méthodes, qui ont permis d’accompagner des milliers de personnes en 2023, sont pourtant cruciales pour prévenir de nouvelles infections. Selon les experts, ignorer ces outils revient à nier leur existence et à effacer du débat public des stratégies de prévention éprouvées.
Le préservatif, méthode barrière physique immédiate et protectrice contre les IST, est également menacé. Après une période de pénuries et d’absence d’achats après 2025, le projet budgétaire 2026 prévoit une reprise des commandes bien en deçà des objectifs fixés en 2023.
La réduction des moyens alloués au diagnostic est tout aussi inquiétante. Le nombre de tests rapides de dépistage du VIH devrait chuter de 49,3 % entre 2023 et 2026, passant à 581 000 tests. Cette baisse pourrait avoir des conséquences graves, car 45 % des diagnostics de VIH en Argentine sont déjà posés tardivement, ce qui retarde l’accès au traitement et augmente le risque de transmission. Cela compromet directement le principe « Indétectable = Intransmissible » (I=I), qui repose sur un dépistage précoce et un traitement rapide.
Par ailleurs, les réactifs de charge virale, indispensables pour surveiller l’efficacité du traitement et garantir l’indétectabilité virale, seront également moins disponibles. Le projet prévoit seulement 116 215 tests en 2026, un chiffre jugé insuffisant pour permettre aux patients de bénéficier des deux tests annuels recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’ONUSIDA.
La situation est d’autant plus préoccupante que le ministère national de la Santé a cessé de produire des supports pédagogiques et préventifs dès 2023. La distribution de brochures et de matériel d’information devrait ainsi passer de 275 565 unités en 2023 à zéro en 2026, ce qui risque d’affecter la sensibilisation du public et l’accès aux services de santé.
Les coupes budgétaires ne se limitent pas au VIH. Les traitements contre l’hépatite C seront réduits de 44 % entre 2023 et 2026, tandis que ceux contre la tuberculose diminueront de 11 % sur la même période. Ces réductions pourraient entraîner des problèmes majeurs de santé publique, que le gouvernement actuel ne semble pas évaluer correctement.
La Fondation Huésped a fermement dénoncé ces coupes, affirmant que
« le droit à la santé ne peut pas être une variable d’ajustement budgétaire »
Fondation Huésped. L’organisation souligne que le manque d’investissement actuel risque d’engendrer davantage de complications, une plus grande transmission et de moins bons résultats cliniques, ce qui serait inefficace tant sur le plan sanitaire qu’économique.
