Home AffairesDe 2% à 15%: le grand engagement dans les centres de données en Europe

De 2% à 15%: le grand engagement dans les centres de données en Europe

by Amélie Bernard

Publié le 29 septembre 2025 à 06h00. Après une période de turbulences, le marché immobilier européen redevient attractif pour les investisseurs, porté par le retour de la confiance et des valorisations jugées intéressantes.

  • L’inflation maîtrisée et la baisse des taux d’intérêt encouragent les investisseurs à se tourner vers l’immobilier européen.
  • Les secteurs de la vente au détail, de la logistique et du résidentiel offrent les perspectives d’investissement les plus prometteuses.
  • Les centres de données, en plein essor grâce à l’intelligence artificielle, pourraient représenter jusqu’à 15 % des portefeuilles immobiliers d’ici 2028.

L’heure est à l’optimisme pour les investisseurs immobiliers européens. Avec l’inflation sous contrôle et l’anticipation d’une politique monétaire plus souple de la part de la Banque Centrale Européenne (BCE), le marché connaît un regain d’intérêt. Selon Olivier Duchehe et Damien Marichal, gestionnaires chez DPAM, « tous les ingrédients ont été donnés » pour un nouveau cycle d’investissement dans ce type d’actifs.

Ils soulignent que les valorisations actuelles sont particulièrement attractives, sans signe de surchauffe.

« Les évaluations sont attirantes, nous n’avons pas vu de relance ; les fondamentaux restent forts, confirmant un environnement positif ; les prix des actifs immobiliers remontent ; le taux d’occupation est faible, mais nous continuons à voir la croissance locative, et les entreprises annoncent des opérations, ce qui démontre leur santé opérationnelle. »

Olivier Duchehe et Damien Marichal, gestionnaires chez DPAM

Les deux experts notent que de nombreux investisseurs restent prudents, marqués par la volatilité récente et les rendements décevants. Cependant, ils les invitent à adopter une perspective tournée vers l’avenir.

« La volatilité revient aux niveaux historiques et maintenant nous voyons une forte prévisibilité des avantages. Nous pensons que la dynamique des cinq années précédentes ne correspondra pas à celle de l’avenir, car le secteur a connu un processus de déception solide qui est déjà en prix et les entreprises sont prêtes à se développer à nouveau. »

Olivier Duchehe et Damien Marichal, gestionnaires chez DPAM

Actuellement, les segments les plus porteurs identifiés par DPAM sont la vente au détail, la logistique et le résidentiel. La logistique, en particulier, devrait afficher les meilleures performances jusqu’en 2025. Bien que ce secteur ait connu un boom en 2022, entraînant une baisse des rendements attendus (passant de 9 à 10 % à 3 %), les experts estiment que la situation s’est stabilisée, avec un retour des rendements autour de 5 %, bien que variable selon les sous-catégories.

Le paysage immobilier évolue également, avec une diversification croissante des actifs. Le segment des bureaux, autrefois dominant, cède du terrain au résidentiel et à de nouveaux sous-segments tels que les établissements de santé, les résidences étudiantes et les espaces de stockage. Une tendance particulièrement notable est l’essor des centres de données, alimenté par le développement de l’intelligence artificielle en Europe. DPAM a d’ailleurs investi dans Borne, une entreprise active dans ce domaine.

Les gestionnaires de DPAM anticipent une augmentation significative de l’exposition aux centres de données, qui pourrait passer de 2 % à 15 % de l’univers immobilier d’ici 2028.

« L’investissement dans les centres de données commence à devenir une tendance visible et je pourrais assumer une contribution importante aux avantages pour 2027-2028. »

Olivier Duchehe et Damien Marichal, gestionnaires chez DPAM

DPAM propose deux stratégies d’investissement immobilier durable : le DPAM B Real Estate Europe Fonds durables et le DPAM B Real Estate Europe Dividende Sustainable. Ces fonds sélectionnent rigoureusement une centaine d’entreprises en fonction de leur taille, de leurs valorisations, de leur potentiel de croissance, de leurs critères de durabilité et, dans le cas du Fonds de dividende, de leur capacité à offrir un rendement supérieur à l’indice de référence (FTSE EPRA/Nareit Developed Europe Net Return, environ 5 %).

Les portefeuilles de ces fonds comprennent généralement entre 40 et 60 entreprises. Le Fonds de dividende privilégie les petites entreprises « qui n’ont pas encore été découvertes par les concurrents », tout en respectant les exigences de liquidité et de croissance. Parmi les sociétés les plus représentées dans les deux fonds figurent Unibal-Rodamco, Vonovia et Merlin Properties.

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