Publié le 28 septembre 2025 à 06h07. Une divergence de vues sur la réglementation des banques d’importance systémique émerge au sein du PLR, opposant son président, Thierry Burkart, à la ministre des Finances, Karin Keller-Sutter, alors qu’UBS menace de délocaliser son siège aux États-Unis.
- Le président du PLR, Thierry Burkart, plaide pour un compromis sur les exigences de fonds propres pour UBS, moins strict que ce que propose la ministre des Finances.
- UBS pourrait être contrainte de mobiliser jusqu’à 24 milliards de dollars (environ 22,5 milliards de francs suisses) pour satisfaire aux exigences actuelles, ce qui a suscité des discussions sur un éventuel transfert de son siège aux États-Unis.
- Des partis de centre-droit, dont le PLR et l’UDC, cherchent un terrain d’entente, tandis que la gauche pourrait lancer un référendum si un compromis est trouvé.
La tension monte au sein du Parti libéral-radical (PLR) concernant la future réglementation des banques d’importance systémique, notamment UBS. Thierry Burkart, le président du parti, a exprimé publiquement son souhait de trouver un “compromis durable” qui tienne compte à la fois des impératifs de sécurité et de la compétitivité de l’industrie bancaire suisse. Cette position le place en désaccord avec sa collègue, la ministre des Finances Karin Keller-Sutter, qui défend une approche plus rigoureuse.
Au cœur du débat se trouve la question des fonds propres que les banques doivent détenir pour couvrir leurs activités à l’étranger. Le Conseil fédéral propose que les banques déduisent à 100 % leurs filiales étrangères de leurs fonds propres, ce qui représenterait un effort financier considérable pour UBS, estimé à environ 24 milliards de dollars (22,5 milliards de francs suisses). La banque conteste ce montant, le jugeant excessif et susceptible de nuire à sa compétitivité internationale. Des informations rapportées par les médias américains suggèrent même qu’UBS aurait envisagé de transférer son siège social aux États-Unis, une menace qui a mis en alerte les milieux politiques suisses.
Ce scénario a incité d’autres figures politiques de centre-droit à se joindre à la recherche d’un compromis. Fabio Regazzi, président de l’Association suisse des banques, a déclaré :
« Un compromis est absolument nécessaire. La confrontation entre le Conseil fédéral et UBS est préjudiciable à la Suisse. »
Fabio Regazzi, président de l’Association suisse des banques
Erich Ettlin, conseiller d’État, propose une solution alternative, suggérant qu’UBS pourrait bénéficier d’une déduction fiscale sur ses fonds propres, réduisant ainsi le montant qu’elle devrait constituer. L’UDC, par l’intermédiaire de son chef de groupe parlementaire Thomas Aeschi, envisage également de réduire les exigences de fonds propres à 10 à 15 milliards de francs suisses.
Le département des finances, dirigé par Karin Keller-Sutter, reste inflexible. La conseillère fédérale a souligné que la Banque nationale suisse et l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) soutiennent la proposition du Conseil fédéral, qu’elle considère comme un compromis en soi. Elle estime qu’il serait difficile d’imposer des exigences de fonds propres encore plus élevées aux banques d’importance systémique.
Une rencontre directe entre Karin Keller-Sutter et Sergio Ermotti, le PDG d’UBS, est prévue le 3 novembre prochain. Thomas Aeschi a également invité la direction d’UBS à s’exprimer devant la Commission économique du Conseil national. Il espère parvenir à un compromis qui garantisse la solidité financière d’UBS tout en préservant son ancrage en Suisse et ses perspectives de croissance.
La gauche, quant à elle, pourrait lancer un référendum si un compromis est trouvé, dénonçant une complaisance envers le lobbying d’UBS. Karin Keller-Sutter a délibérément inscrit les réglementations sur les fonds propres dans une loi, et non dans un simple règlement, afin de rendre un référendum plus difficile. Cependant, un référendum ne pourrait avoir lieu qu’après les élections fédérales d’automne 2027.
Urs Rohner se montre à nouveau
Après avoir quitté ses fonctions de président du Credit Suisse, Urs Rohner s’est tenu à l’écart de la vie publique. Rohner a dirigé la banque de 2011 à 2021. Le CS a été contraint à la fusion avec UBS environ deux ans après son départ, en mars 2023. Rohner est considéré comme l’un des principaux responsables de la crise du CS. Il est réapparu en public vendredi lors de la première du Zurich Film Festival (ZFF), qu’il a cofondé en 2005 avec sa partenaire Nadja Schildknecht. Rohner travaillait déjà au CS à l’époque et a soutenu le ZFF en tant que sponsor depuis le début. UBS a repris le parrainage. Son PDG, Sergio Ermotti, n’était pas présent à la première, tout comme le président d’UBS, Colm Kelleher. Rohner est resté discret lors de la première du ZFF au Congress Center et n’a pas posé pour les photographes. Il a confié en privé qu’il était désormais consultant et avait beaucoup de travail. L’homme de 65 ans porte désormais une barbe et semblait détendu. Il n’a jamais exprimé publiquement ses regrets concernant la fin du CS, mais a confié à ses proches qu’il avait quitté la banque en avril 2021 dans un état qui ne devait pas conduire à sa disparition. En d’autres termes, d’autres sont à blâmer. (pmü) (aargauerzeitung.ch)
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