Home MondeDe l’eau salubre pour chaque foyer : le cadre mondial de l’OMS pour des systèmes d’abreuvement durables

De l’eau salubre pour chaque foyer : le cadre mondial de l’OMS pour des systèmes d’abreuvement durables

by Clara Dubois

Publié le 17 octobre 2024 04:53:00. Un nouveau guide exhaustif publié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) détaille les technologies et stratégies essentielles pour garantir un accès universel à une eau potable sûre, face à un défi mondial persistant.

  • Le “Compendium sur les systèmes et technologies d’eau potable, de la source au consommateur” offre une vue d’ensemble des solutions, de la protection des sources à la distribution.
  • L’étude souligne l’importance cruciale de la protection des bassins versants et de la prévention de la contamination.
  • La durabilité, la résilience climatique et l’équité sociale sont au cœur des recommandations pour une gestion efficace de l’eau.

L’accès à une eau potable sûre reste un défi majeur à l’échelle mondiale, touchant des milliards de personnes. Pour répondre à cette urgence, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un guide complet, fruit d’une collaboration internationale impliquant l’Institut fédéral suisse des sciences et technologies aquatiques (Eawag), l’Université du Surrey, l’Université du Queensland et plusieurs instituts nationaux de recherche sur l’eau et la santé. Ce “Compendium sur les systèmes et technologies d’eau potable, de la source au consommateur” ambitionne de fournir aux décideurs et aux professionnels des outils pour mettre en œuvre des solutions techniquement viables, économiquement abordables et socialement inclusives.

Le rapport insiste sur le fait que la protection des sources d’eau est la première ligne de défense. La qualité de l’eau potable dépend intrinsèquement de la préservation des écosystèmes aquatiques, tels que les rivières, les nappes phréatiques et les systèmes de récupération des eaux de pluie. Les chercheurs mettent en garde contre les effets néfastes de la déforestation, des rejets industriels et du ruissellement agricole, qui peuvent compromettre la qualité de l’eau bien avant qu’elle n’atteigne les stations d’épuration. La gestion intégrée des bassins versants, le contrôle de la pollution et une planification rigoureuse de l’utilisation des terres sont donc présentés comme des mesures préventives indispensables. Investir dans la protection des sources est, selon les auteurs, une stratégie plus rentable que de tenter de traiter une eau déjà contaminée, citant en exemple l’efficacité des zones tampons végétales et des périmètres de protection sanitaire.

Le cœur du “Compendium” est consacré à l’exploration des différentes technologies de traitement de l’eau, allant des solutions adaptées aux communautés locales aux systèmes complexes utilisés dans les grandes villes. Le rapport analyse en détail des méthodes éprouvées telles que la coagulation, la sédimentation, la filtration sur sable (rapide et lente) et divers procédés de désinfection, notamment la chloration, l’ozonation et le rayonnement ultraviolet (UV). Pour chaque technique, les principes de fonctionnement, l’efficacité en matière d’élimination des contaminants, les coûts et les besoins en maintenance sont soigneusement examinés. Des exemples concrets de succès sont également présentés, comme les systèmes alimentés par gravité dans les régions montagneuses du Népal, les unités de désinfection solaire utilisées dans les zones rurales d’Afrique, et les usines de filtration par membrane déployées dans les mégalopoles asiatiques. Le rapport souligne qu’il n’existe pas de solution universelle et que le choix de la technologie doit être adapté au contexte local, en tenant compte de l’hydrologie, des capacités institutionnelles et des pratiques des utilisateurs.

Le “Compendium” met également en garde contre les risques liés à la distribution et au stockage de l’eau. Même les systèmes de traitement les plus performants peuvent être compromis par des fuites, une alimentation intermittente ou des connexions inappropriées, entraînant une recontamination de l’eau. L’OMS recommande de maintenir une pression constante dans les réseaux, de surveiller régulièrement les fuites et de garantir un niveau suffisant de désinfectant résiduel. Le rapport souligne également l’importance des innovations en matière de surveillance intelligente, grâce à des capteurs numériques et des systèmes de données en temps réel, qui permettent de détecter rapidement toute contamination ou défaillance de l’infrastructure. Les pratiques de stockage domestique, en particulier dans les zones rurales et périurbaines, sont également examinées, avec des recommandations simples, telles que l’utilisation de conteneurs à col étroit et de réservoirs couverts, pour prévenir la prolifération microbienne et préserver l’efficacité du chlore.

Au-delà des aspects techniques, le rapport aborde les enjeux de la durabilité, de la résilience face au changement climatique et de l’équité sociale. Il insiste sur la nécessité de prendre en compte le coût du cycle de vie complet des systèmes d’approvisionnement en eau, en incluant non seulement l’installation, mais aussi la maintenance, la consommation d’énergie et l’accessibilité à long terme. Le changement climatique, avec ses sécheresses, ses inondations et l’intrusion de la salinité, exige une remise en question des approches traditionnelles. Le rapport préconise le développement de systèmes décentralisés alimentés par des énergies renouvelables, la récupération des eaux de pluie et une réutilisation efficace de l’eau comme éléments clés d’une gestion résiliente. L’équité est présentée comme un principe fondamental : l’accès à l’eau potable est un droit, et les technologies doivent être conçues pour atteindre les populations les plus marginalisées, notamment celles vivant dans des bidonvilles ou des communautés rurales isolées. Le rôle essentiel des femmes dans la gestion communautaire de l’eau est également reconnu, avec des exemples de projets réussis où des coopératives féminines assurent l’exploitation et la maintenance des systèmes d’approvisionnement locaux.

Le rapport se conclut sur une note d’optimisme pragmatique. Les connaissances et les technologies nécessaires pour garantir un accès universel à une eau potable sûre existent déjà. Ce qui manque, selon l’OMS, c’est une meilleure coordination, un renforcement des capacités et un engagement politique accru. L’organisation exhorte les pays à adopter une approche intégrée, basée sur son plan pour la sécurité de l’eau, qui combine l’évaluation des risques, la surveillance et la participation communautaire. Elle appelle également les gouvernements et les institutions à considérer ce “Compendium” comme une référence évolutive, à mettre à jour régulièrement avec les nouvelles données et innovations. L’objectif est de parvenir à un avenir où chaque communauté pourra bénéficier d’un système d’approvisionnement en eau sûr, abordable et résilient, fondé sur les principes de transparence, de durabilité et de responsabilité partagée. La sécurité de l’eau, conclut le rapport, n’est pas seulement une question d’infrastructure, mais aussi de confiance, de gouvernance et de volonté collective.

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