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Découverte d’une nouvelle vulnérabilité des cellules immunitaires de l’asthme

by Sophie Martin

Publié le 11 décembre 2025 à 09:41. Des chercheurs de l’hôpital universitaire de Bonn ont identifié un mécanisme de protection antioxydante activé par les cellules immunitaires impliquées dans l’asthme allergique, ouvrant la voie à de nouvelles approches thérapeutiques ciblées.

  • Les cellules ILC2 et Th2, principales responsables de l’inflammation dans l’asthme allergique, survivent dans un environnement toxique grâce à l’activation d’un système antioxydant.
  • Bloquer ce mécanisme de protection pourrait réduire significativement l’inflammation allergique, comme démontré sur des modèles murins.
  • Cette découverte révèle un lien étroit entre la fonction immunitaire et le métabolisme cellulaire, suggérant de nouvelles stratégies pour moduler la réponse immunitaire sans affaiblir le système immunitaire dans son ensemble.

Pourquoi certaines cellules immunitaires restent-elles actives dans l’asthme allergique, même exposées à des conditions qui devraient les détruire ? C’est la question à laquelle une équipe de l’hôpital universitaire de Bonn (UKB) et de l’université de Bonn a cherché à répondre. Leurs recherches, publiées dans la revue scientifique Immunity, révèlent que ces cellules, les ILC2 et Th2, activent un mécanisme de protection antioxydante spécifique pour survivre.

Dans l’asthme allergique, les cellules ILC2 et Th2 jouent un rôle central dans le déclenchement de l’inflammation. Elles produisent des messagers chimiques qui favorisent l’augmentation de la production de mucus et l’afflux de cellules immunitaires dans les poumons. Paradoxalement, le tissu pulmonaire enflammé est également riche en acides gras libres et en molécules oxydantes, des éléments normalement dangereux pour les cellules.

L’étude montre que les ILC2 pathogènes absorbent de grandes quantités de ces graisses et les incorporent dans leurs membranes cellulaires. Pour éviter la ferroptose – une forme de mort cellulaire induite par les lipides oxydés et dépendante du fer – elles activent massivement leur système antioxydant. Les enzymes GPX4 et TXNRD1 sont particulièrement importantes dans ce processus, neutralisant les peroxydes lipidiques nocifs et permettant aux cellules de survivre et de se multiplier malgré l’environnement stressant.

« Ces cellules immunitaires se retrouvent dans un environnement qui est en réalité toxique pour elles. Elles ne survivent que parce qu’elles intensifient considérablement leurs propres programmes de protection », explique Chantal Wientjens, première auteure de l’étude, chercheuse au sein du groupe de travail Wilhelm de l’Institut de chimie et de pharmacologie clinique de l’UKB et doctorante à l’Université de Bonn. « Nos données montrent que dès que nous perturbons spécifiquement cette protection, les cellules perdent leur capacité à provoquer une inflammation allergique. »

Chantal Wientjens, chercheuse à l’UKB et à l’Université de Bonn

Pour valider cette hypothèse, l’équipe de Bonn a inhibé la voie de la thiorédoxine en bloquant l’enzyme TXNRD1. Sur des modèles murins, cette intervention a entraîné une accumulation significativement moindre d’ILC2 dans les poumons. En conséquence, la production des cytokines de type 2 IL-5 et IL-13, ainsi que le nombre d’éosinophiles et la production de mucus, ont diminué. Globalement, la réaction allergique a été considérablement atténuée.

« Les cellules immunitaires pathogènes de type 2 dépendent étonnamment de leur « bouée de sauvetage » antioxydante », souligne Christoph Wilhelm, responsable de l’étude, président d’immunopathologie à l’Institut de chimie clinique et de pharmacologie clinique de l’UKB et membre du pôle d’excellence ImmunoSensation² de l’Université de Bonn. « Cela ouvre la voie à une approche thérapeutique très ciblée : à l’avenir, nous pourrions potentiellement ralentir le métabolisme des cellules immunitaires hyperactives sans affaiblir le système immunitaire dans son ensemble, bien que nous en soyons encore aux premiers stades de la recherche. »

Cette étude met en lumière l’étroite relation entre la fonction immunitaire et le métabolisme. Pour rester actives dans l’environnement riche en graisses et oxydatif du poumon enflammé, les ILC2 pathogènes adaptent leur métabolisme avec flexibilité, créant ainsi une dépendance qui les rend vulnérables.

Institutions impliquées : L’hôpital universitaire de Bonn, le pôle d’excellence ImmunoSensation² de l’université de Bonn et le centre de recherche collaboratif (S)FB Metaflammation ont participé à cette étude. Le projet a été financé par la Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG).

Contact scientifique :
Professeur Christoph Wilhelm
Institut de chimie clinique et de pharmacologie clinique de l’UKB
Cluster d’excellence ImmunoSensation² à l’Université de Bonn
[email protected]

Publication originale :
Wientjens C, Doverman M, Zurkovic J, More T, Surendar J, Nesic S, Sarici C, Utecht TD, Pohl J, Pollock J, Voehringer D, Hiller K, Thiele C et Wilhelm C. La tolérance à la ferroptose facilite le métabolisme lipidique et l’immunité pathogène de type 2 dans l’inflammation allergique des voies respiratoires. Immunity 2026 ; 59 : 1–17. https://doi.org/10.1016/j.immuni.2025.11.018

Critères de ce communiqué : Journalistes, médecine, transrégional, national, résultats de la recherche, allemand.

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