Avec plus de 500 milliards de yens (environ 3,5 milliards d’euros) au box-office mondial, Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba – Le Château de l’Infini s’impose comme un phénomène cinématographique sans précédent au Japon et à l’international. Le film pourrait bientôt détrôner son prédécesseur, Le Train Mugen, et redéfinit les stratégies de production dans l’industrie de l’animation japonaise.
Sorti il y a près de trois mois, le long métrage continue de figurer parmi les films les plus populaires au Japon, occupant actuellement la deuxième place du classement. Il a déjà rapporté 36 milliards de yens (plus de 200 milliards d’euros), se positionnant comme le deuxième film le plus rentable de l’histoire du cinéma japonais, juste derrière Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba – Le Train Mugen, sorti en 2020 en pleine pandémie de Covid-19.
Son succès international est également remarquable. En France, le dernier chapitre de la saga a généré plus de 5 millions d’euros de recettes, contribuant à faire de Le Château de l’Infini le film japonais le plus rentable à l’étranger, surpassant même les blockbusters américains comme ceux de James Gunn.
Plusieurs facteurs expliquent cet engouement. La construction d’une communauté de fans solide autour du manga et de l’anime, le succès de Le Train Mugen qui a propulsé Demon Slayer sur la scène internationale, un style d’animation apprécié par plusieurs générations et, surtout, une histoire captivante imprégnée d’un nihilisme qui résonne avec les préoccupations contemporaines, sont autant d’éléments qui contribuent à ce succès.
Un aspect important à souligner est le rôle du studio d’animation Ufotable. Contrairement à de nombreuses sociétés japonaises qui sont sous-traitées et exclues des comités de production (seisaku iinkai) qui contrôlent les finances et les choix artistiques, Ufotable fait partie du comité de Demon Slayer et partage donc les bénéfices et les décisions. Cette participation active pourrait marquer un tournant dans les conditions de travail au sein des studios d’animation japonais.
Le succès de Demon Slayer pourrait également entraîner une évolution des stratégies de production. Au lieu de produire des séries animées traditionnelles, les producteurs ont opté pour une adaptation complète de l’arc narratif du Château de l’Infini en une série de longs métrages, dont le premier bat tous les records et dont le dernier est prévu pour 2029. Cette approche, qui consiste à capitaliser sur l’attachement des fans en prolongeant l’histoire sur grand écran, est déjà observée avec d’autres mangas populaires, comme Chainsaw Man et Haikyu !!.
Cependant, cette nouvelle stratégie n’est pas sans susciter de critiques. Certains observateurs soulignent que l’esthétique de Demon Slayer sur grand écran ressemble parfois trop à celle de la série animée, notamment en raison de la construction épisodique du récit et de la tendance des personnages à constamment expliquer leurs actions et leurs pensées.
Malgré ces réserves, le succès phénoménal de Demon Slayer ouvre de nouvelles perspectives pour l’animation japonaise, notamment la possibilité de créer des œuvres cinématographiques originales avec une esthétique différente de celle des séries télévisées. Comme l’a été Louis Feuillade au début du cinéma, cette nouvelle approche pourrait bien innover le septième art.
À retenir
- Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba – Le Château de l’Infini est un succès commercial exceptionnel, tant au Japon qu’à l’international.
- Le film pourrait modifier les stratégies de production dans l’industrie de l’animation japonaise, en favorisant l’adaptation d’arcs narratifs complets en longs métrages.
- La participation du studio Ufotable au comité de production pourrait améliorer les conditions de travail dans les studios d’animation.
Contexte
La saga Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba, créée par Koyoharu Gotoge, a connu un succès fulgurant grâce à son manga et à ses adaptations animées. Le Train Mugen, sorti en 2020, a été un véritable tournant, propulsant la franchise sur la scène internationale malgré la pandémie de Covid-19.
Ce qui change
L’industrie de l’animation japonaise pourrait assister à une multiplication de films basés sur des mangas populaires, adaptés en longs métrages plutôt qu’en séries télévisées. Cette tendance pourrait également entraîner une évolution des conditions de travail dans les studios d’animation, avec une participation accrue des studios de production aux décisions financières et artistiques.
Prochaines étapes
Il sera intéressant de suivre la sortie des prochains longs métrages de la saga Demon Slayer, ainsi que l’évolution des stratégies de production d’autres mangas populaires, comme Chainsaw Man et Haikyu !!. La sortie du prochain film Haikyu !! dans les années à venir sera également un indicateur important.
Chiffres clés
- Recettes mondiales : 500 milliards de yens (environ 3,5 milliards d’euros)
- Recettes japonaises : 36 milliards de yens (plus de 200 milliards d’euros)
- Recettes en France : Plus de 5 millions d’euros