La tension monte aux États-Unis après la mort de Renee Good, abattue par un agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) à Minneapolis. L’incident a déclenché une vague de protestations et des accusations de politisation de l’application de la loi migratoire, tandis que l’administration Trump renforce sa présence fédérale dans le Minnesota.
Dimanche, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a annoncé l’envoi de centaines d’agents supplémentaires au Minnesota pour « protéger » les forces de l’ordre en matière d’immigration. « Nous envoyons plus d’officiers aujourd’hui et demain, ils arriveront, il y en aura des centaines d’autres afin de permettre à notre ICE et à nos patrouilles frontalières qui travaillent à Minneapolis de le faire en toute sécurité », a-t-elle déclaré sur une chaîne d’information. Elle a également averti que toute personne impliquée dans des « activités violentes » serait tenue responsable.
L’affaire a pris une nouvelle tournure avec la diffusion d’une vidéo, prétendument filmée par l’agent ICE Jonathan Ross, au moment de la fusillade. Les images, publiées par le site Alpha News, montrent l’agent s’approchant d’un véhicule où se trouvait Renee Good. On y entend une femme, identifiée comme étant Good, dire : « C’est bon, mec… Je ne suis pas en colère », tout en souriant.
Par ailleurs, un policier de Portland a été temporairement réaffecté après avoir été filmé lors d’une manifestation justifiant la fusillade. Dans la vidéo, capturée vendredi près d’un établissement de l’ICE, l’officier a déclaré : « Parfois, les criminels se font tirer dessus s’ils menacent un policier. » Ces propos ont suscité l’indignation dans la ville, où des agents de la patrouille frontalière avaient déjà blessé deux personnes la veille du décès de Good.
La politisation de l’affaire est dénoncée de tous côtés. Le gouverneur de l’Illinois, JB Pritzker, a accusé l’administration Trump de contourner les procédures régulières en matière d’immigration, estimant qu’il existait « beaucoup de preuves » suggérant un manquement à la procédure légale. « Il devrait en fait y avoir une procédure régulière, mais ce n’est pas une chose en laquelle l’administration Trump croit », a-t-il affirmé à CNN.
Des élus démocrates, comme la représentante Kelly Morrison du Minnesota, ont dénoncé l’approche de l’administration. Elle a rapporté avoir été refoulée avec deux autres législateurs lors d’une tentative de visite discrète d’un centre de détention à Minneapolis, accueillis par une « phalange d’environ 25 officiers armés » qu’elle a jugée « menaçante ».
Des manifestations anti-ICE ont également eu lieu à Los Angeles et New York, où des manifestants se sont rassemblés devant la Trump Tower pour exprimer leur colère. Des sources au sein de la Maison Blanche ont exprimé leur inquiétude quant à la rapidité de la réaction de l’administration Trump à la fusillade, craignant que cela ne compromette l’enquête.
