Publié le 24 septembre 2025 10h30. Une nouvelle étude révèle des altérations au niveau de l’ADN dans des cellules cérébrales spécifiques chez les personnes souffrant de dépression, ouvrant la voie à des traitements plus ciblés et à une meilleure compréhension des mécanismes biologiques de cette maladie.
- Des chercheurs ont identifié deux types de cellules cérébrales, les neurones excitateurs et les microglies, qui présentent un comportement différent chez les personnes dépressives.
- L’étude, basée sur l’analyse de plus de 200 000 cellules cérébrales, met en évidence des changements dans l’activation et la désactivation de certains gènes.
- Ces découvertes pourraient permettre de développer des traitements plus efficaces et personnalisés pour la dépression.
Des scientifiques de l’Université McGill et de l’Institut Douglas ont mis en lumière des modifications subtiles mais significatives dans l’ADN de personnes atteintes de dépression. Ces changements affectent la manière dont certains gènes sont exprimés dans le cerveau, suggérant une base biologique précise à cette maladie mentale complexe. L’étude, publiée dans la revue Nature Genetics, représente une avancée majeure dans la compréhension des mécanismes cérébraux impliqués dans la dépression.
L’équipe de recherche a analysé des tissus cérébraux post mortem provenant de 59 personnes ayant souffert de dépression et de 41 témoins sains, grâce à la banque de cerveaux Douglas-Bell Canada. En utilisant des techniques d’analyse génomique unicellulaire, ils ont pu examiner l’ARN et l’ADN de plus de 200 000 cellules du cortex préfrontal dorsolatéral, une région du cerveau impliquée dans la régulation de l’humeur et des fonctions cognitives.
Les résultats ont révélé que deux types de cellules cérébrales se distinguent particulièrement chez les personnes dépressives : les neurones excitateurs, qui jouent un rôle crucial dans la transmission des signaux nerveux liés à l’humeur et au stress, et les microglies, des cellules immunitaires qui assurent la surveillance et la régulation de l’inflammation dans le cerveau. Dans ces deux types de cellules, de nombreux gènes étaient activés ou désactivés de manière anormale, ce qui pourrait perturber le fonctionnement normal des circuits cérébraux.
« C’est la première fois que nous parvenons à identifier quels types spécifiques de cellules cérébrales sont affectés par la dépression en cartographiant l’activité des gènes ainsi que les mécanismes qui régulent le code ADN. »
Dr Gustavo Turecki, professeur à McGill
Selon le Dr Turecki, cette recherche confirme que la dépression n’est pas uniquement un trouble émotionnel, mais qu’elle se manifeste par des changements réels et mesurables dans le cerveau.
« Cette recherche renforce ce que les neurosciences nous disent depuis des années. La dépression n’est pas seulement émotionnelle, elle reflète des changements réels et mesurables dans le cerveau. »
Dr Gustavo Turecki, professeur à McGill
Les chercheurs prévoient désormais d’étudier plus en détail l’impact de ces changements cellulaires sur le fonctionnement global du cerveau et d’explorer de nouvelles pistes thérapeutiques ciblant spécifiquement ces cellules affectées. Une autre étude récente a identifié un biomarqueur basé sur l’imagerie cérébrale pour la dépression, ce qui pourrait également contribuer à un diagnostic plus précoce et à un suivi plus efficace.
Une étude cartographie également les changements cérébraux survenant pendant le traitement de la dépression, offrant des perspectives intéressantes sur la plasticité cérébrale et la récupération.
Référence du journal :
- Chawla, A., Cakmakci, D., Fiori, LM et al. Le profilage de l’accessibilité de la chromatine mononucléaire identifie les types de cellules et les variantes fonctionnelles contribuant à la dépression majeure. Nat Genet 57, 1890-1904 (2025). DOI : 10.1038/S41588-025-02249-4
