Publié le 2024-12-30 16:35:00. Une molécule naturellement produite par l’organisme, l’alpha-cétoglutarate de calcium, pourrait aider à restaurer les fonctions de mémoire altérées par la maladie d’Alzheimer, selon une nouvelle étude menée à Singapour. Ces recherches ouvrent une voie prometteuse pour le développement de stratégies visant à préserver la santé cérébrale avec l’âge.
- L’alpha-cétoglutarate de calcium (CaAKG) améliore la communication entre les cellules nerveuses dans des modèles expérimentaux de la maladie d’Alzheimer.
- La molécule restaure les signaux affaiblis entre les neurones et la mémoire associative, l’une des premières fonctions à être touchée par la maladie.
- Les chercheurs suggèrent que la restauration des niveaux de CaAKG, qui diminuent avec l’âge, pourrait favoriser un vieillissement cérébral plus sain.
Des scientifiques de la Yong Loo Lin School of Medicine de l’Université nationale de Singapour (NUS Medicine) ont découvert que le CaAKG, un métabolite déjà étudié pour ses effets bénéfiques sur un vieillissement en bonne santé, pourrait avoir un impact significatif sur la restauration des fonctions cérébrales essentielles liées à la mémoire chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Cette recherche s’inscrit dans une approche plus large, dite « géroprotectrice », qui vise à cibler les processus biologiques fondamentaux du vieillissement plutôt que de simplement traiter les symptômes des maladies.
L’étude, publiée dans la revue Cellule vieillissante, a révélé que le CaAKG améliore la plasticité synaptique, c’est-à-dire la capacité du cerveau à former de nouvelles connexions, et restaure la signalisation neuronale impliquée dans la mémoire. Les chercheurs ont observé que la molécule permettait de renforcer la communication entre les cellules nerveuses et de restaurer la mémoire associative, une capacité cognitive cruciale souvent compromise dès les premiers stades de la maladie d’Alzheimer.
Pour comprendre les mécanismes d’action du CaAKG, l’équipe de recherche s’est concentrée sur la potentialisation à long terme (LTP), un processus essentiel à l’apprentissage et à la formation de la mémoire à long terme. Dans la maladie d’Alzheimer, la LTP est sévèrement perturbée. L’administration de CaAKG a permis de rétablir la LTP à des niveaux normaux dans les modèles étudiés. De plus, le CaAKG stimule l’autophagie, un mécanisme cellulaire de « nettoyage » qui élimine les protéines endommagées et contribue à maintenir la santé des neurones.
Les chercheurs ont également identifié une voie par laquelle le CaAKG augmente la flexibilité neuronale en activant les canaux calciques de type L et les récepteurs AMPA perméables au calcium, sans affecter les récepteurs glutamate NMDA, souvent perturbés par les plaques amyloïdes caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Le CaAKG restaure également un mécanisme synaptique qui aide le cerveau à relier des informations et des événements proches dans le temps, soutenant ainsi la mémoire associative et des formes d’apprentissage plus complexes.
« Notre objectif était de déterminer si un composé initialement étudié pour prolonger la durée de vie en bonne santé pouvait également être bénéfique dans le contexte de la maladie d’Alzheimer »,
Dr Sheeja Navakkode, chercheur au programme de recherche translationnelle sur la longévité en bonne santé
Cette recherche ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude du rôle des métabolites naturels dans le maintien des fonctions cognitives face au vieillissement et aux maladies neurodégénératives. Les prochaines étapes consisteront à approfondir la compréhension des mécanismes d’action du CaAKG et à évaluer son potentiel thérapeutique dans des essais cliniques.
Pour en savoir plus sur les recherches de NUS Medicine, consultez leur site web.