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Technologie et science

Des chercheurs révèlent une chute de la faune dans la zone de Clarion-Clipperton

Des chercheurs internationaux ont analysé 4 350 organismes au fond de la zone de Clarion-Clipperton dans l'océan Pacifique, révélant une baisse de 37 % de la faune après des…

Des chercheurs révèlent une chute de la faune dans la zone de Clarion-Clipperton

Des chercheurs internationaux ont analysé 4 350 organismes au fond de la zone de Clarion-Clipperton dans l’océan Pacifique, révélant une baisse de 37 % de la faune après des essais miniers. Cette campagne en mer de 160 jours, menée selon les directives de l’AIFM, éclaire les enjeux d’une potentielle exploitation industrielle des abysses.

La ruée vers les métaux critiques pousse plusieurs pays à explorer les ressources minérales cachées sous les mers. Aux États-Unis, la société American Metal fait progresser ses demandes de permis pour l’exploration des fonds marins.

Cette démarche illustre une dynamique industrielle marquée par des rivalités géostratégiques croissantes entre grandes puissances, comme le soulignent les analyses de Guillaume Pitron rapportées par la presse.

Une campagne abyssale de cinq ans entre le Mexique et Hawaï

Pour mesurer les risques de cette ruée vers les abysses, une équipe internationale a conduit l’une des plus vastes campagnes d’observation jamais réalisées dans la zone de Clarion-Clipperton. Coordonné sous l’égide de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM), le projet a nécessité cinq années de travail et 160 jours en mer.

À 4 000 mètres de profondeur, dans un milieu privé de lumière et très pauvre en nutriments, les scientifiques ont examiné 4 350 organismes mesurant plus de 0,3 millimètre. Leurs analyses ont permis d’identifier 788 espèces, composées majoritairement de mollusques, de crustacés et de vers polychètes.

Un échantillon de fond marin abrite généralement près de 200 spécimens. La diversité des espèces y est tout aussi élevée, témoignant d’un écosystème abyssal encore largement méconnu de la science.

L’impact mesuré des premiers essais d’engins miniers

Les engins d’exploration laissent des traces durables sur les sédiments marins. L’étude montre que le passage de ces équipements provoque une diminution de 37 % de la population animale ainsi qu’une baisse de 32 % de la diversité des espèces dans les zones touchées.

Ces perturbations restent toutefois inférieures aux prévisions des scénarios les plus pessimistes envisagés par les experts. Les analyses ADN ont joué un rôle central pour cartographier cette faune fragile.

Elles ont permis d’identifier de nouveaux spécimens, à l’instar d’un corail solitaire baptisé Deltocyathus zoemetallicus, fixé sur des nodules polymétalliques.

Les incertitudes qui pèsent sur la protection des zones sous-marines

Les scientifiques ont observé que les communautés benthiques fluctuent naturellement au fil du temps, selon l’apport de matière organique atteignant le plancher océanique. Néanmoins, l’étendue exacte de la répartition de ces espèces dans l’immensité du Pacifique demeure obscure.

Environ 30 % de la zone de Clarion-Clipperton bénéficient actuellement d’un statut de protection. Pour Adrian Glover, chercheur au Muséum d’histoire naturelle de Londres et auteur principal de ces travaux, l’urgence réside dans l’approfondissement des connaissances sur ces sanctuaires naturels avant toute décision industrielle. Évaluer les risques de perte d’espèces avant d’autoriser l’exploitation minière est devenu une nécessité absolue pour la préservation de la biodiversité.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.